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Intervention du Secrétaire Général de FO Vienne publié le 01/05/2018

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Alain BARREAU

Mes chers camarades, je vous souhaite la bienvenue, en ce jour du 1er mai 2018, Place de la Liberté, expression républicaine de la Liberté, de l’Égalité, de la Fraternité, de la Solidarité et de la Laïcité.

Le 1er mai, c’est la Journée Internationale des Revendications, des mobilisations, des luttes syndicales et des Solidarités ouvrières et salariales.

Saluons en ce 1er mai fraternellement tous les travailleurs actifs et retraités ainsi que la jeunesse de notre Pays, qui se rassemblent partout en France, en Europe et dans le monde.

Le 1er mai est bien plus qu’un symbole historique. Le 1er mai c’est le point culminant de notre combat syndical permanent, progressiste et humaniste. Le combat de nos syndicats, de nos militants, de nos adhérents Force Ouvrière.

Le 1er mai c’est l’expression de notre détermination revendicative irréfragable pour de nouvelles avancées sociales, facteurs de Progrès et de Justice Sociale.

Le 1er Mai c’est la lutte réaffirmée contre tous les oppresseurs capitalistes, financiers, spéculateurs, patronaux et d’Etat, quels qu’ils soient.

Le 1er Mai est la date de célébration de la solidarité internationale prenant ses fondements le 1er Mai 1886 quand les ouvriers de Chicago, las de subir des conditions de travail relevant de l’esclavage, exigent la journée de 8 Heures.

A l’heure où les gouvernements s’échinent à remettre en question le temps de travail au prétexte d’un pseudo besoin de flexibilité, il est essentiel de rappeler que la journée de 8heures a été la première des revendications des travailleurs à l’international.

Ce n’est donc pas par hasard si à peine créée l’Organisation Internationale du Travail adopte pour première norme internationale du travail la Convention n°1 sur la durée le cadre de 8h00 par jour et de 48Heures par semaine.

Le 1er mai, c’est aussi le temps de mémoire, l’impérieuse exigence de ne pas oublier les nôtres, syndicalistes de toujours, d’hier et d’aujourd’hui, combattants et militants épris de libertés et de justice sociales et syndicales.

Symbole de l’UNION de tous les travailleurs dans le monde, le 1er mai nous appelle au souvenir impérissable et à l’hommage dû à l’égard de tous nos camarades syndicalistes morts, assassinés de par le monde.

Mes chers camarades,
Des dizaines de syndicalistes sont tombés en 2017 au champ d’honneur de la lutte sociale et syndicale dans le monde, assassiné par les mains de bourreaux au service des exploitants de l’homme, des promoteurs de régimes totalitaires, de promoteurs du capitalisme et du libéralisme, despotes et barbares, tyranniques et esclavagistes.

Et comment ne pas évoquer tous nos autres camarades syndicalistes qui, par milliers de par le monde, martyrs pour beaucoup, sont enlevés, séquestrés, emprisonnés, torturés, menacés de mort, avec parfois leurs familles.

Partout où les peuples sont menacés dans leur quotidien, les syndicalistes sont parmi les premiers à faire l’objet de mesures répressives ; Mais partout les travailleurs se battent, résistent, malgré la répression et défendent leurs conditions de travail et leurs revendications.

Mes chers camarades,

Permettez-moi d’associer à la mémoire de nos camarades syndicalistes assassinés, celle des 65 journalistes dont 50 chevronnés de la presse écrite, de la radio ou de la télévision, tués dont 39 assassinés sciemment de par le monde, particulièrement en Syrie, en Irak, aux Philippines, au Mexique, en Somalie, au Pakistan, en Inde, au Brésil, journalistes morts eux aussi dans l’exercice de leurs professions et de leurs fonctions en 2017, gardiens de la liberté de la presse et avant-gardistes qu’ils sont du droit à l’information, et qui avec nos camarades syndicalistes assassinés, sont les victimes connues du totalitarisme et de l’obscurantisme.

En les tuant, en les assassinant, en les enlevant et les emprisonnant (326 journalistes étaient emprisonnés au 1er décembre 2017) c’est la démocratie et les libertés fondamentales que l’on tente d’abattre. Ce sont les droits universels de l’homme que l’on veut faire délibérément taire et disparaître.

Nous le redisons pour la énième fois et nous le répèterons de manière incessante, … le 1er mai, n’est pas la « fête du travail », ni la « fête de Jeanne d’Arc ».

Les revendications qui ont fait naître le premier 1er mai en 1884 dans le monde et particulièrement aux Etats Unis, sont :
« Huit heures de travail, Huit heures de repos, Huit heures de loisirs ».

Mes chers camarades,
Le 1er mai c’est la journée de commémoration du sacrifice de salariés qui ont donné leur vie pour TRAVAILLER MOINS ET ETRE REMUNERES MIEUX.

Les revendications fondamentales du 1er mai 2018 pour FO Vienne, sont :
L’augmentations générale du pouvoir d’achat (salaires, traitements, retraites, pensions, allocations, minimas sociaux),
La défense et la création d’emplois (publics et privés), la lutte contre les licenciements, contre le chômage, contre la précarité, contre la pauvreté, contre la misère,
La défense et le renforcement de la Protection Sociale Collective Solidaire et Égalitaire (maladie, famille, retraite, allocations chômage, complémentaire, prévoyance),
La défense et le renforcement du service public républicain (hospitalier territorial et d’État),
Enfin, la solidarité aux salariés licenciés, en recherche d’emploi ou menacés de licenciements dans notre département de la Vienne…

Mes chers camarades,

Le 1er mai c’est en toute indépendance, libre, en dehors de toute école politique, philosophique ou religieuse, la capacité de mettre en œuvre les moyens de négocier sur la base de nos revendications Force Ouvrière avec le patronat et l’État patron, ce, dans le cadre de la République, des pratiques contractuelles, conventionnelles et statutaires, tant pour le secteur privé que le secteur public.

Le 1er mai c’est l’expression de la solidarité fondée sur l’ensemble des institutions sociales et Républicaines que sont la Sécurité Sociale, l’Assurance Chômage, les Régimes de Retraite, les Mutuelles et la Prévoyance.

Le 1er mai c’est la réaffirmation de la République, indivisible, laïque, démocratique et sociale, garante de l’égalité de traitement des citoyens sans considération de statut et de classe sociale par la présence au plus près de chaque citoyen de services publics fondés sur une fonction publique laïque et républicaine.

Mes Chers camarades,

Si les syndicalistes sont la cible des gouvernements autoritaires et totalitaires c’est qu’ils sont et restent le symbole, l’expression, l’existence, la pratique, les défenseurs, les promoteurs, infatigables de la liberté et de la démocratie, des droits et des protections, sociales et syndicales, des travailleurs.

Cette année, le 1er mai 2018 c’est aussi l’occasion, (une de plus) d’appeler à combattre l’austérité, le libéralisme financier, la financiarisation de l’économie et le désengagement de l’Etat, le renoncement volontaire de la puissance publique ce qui constitue une urgence sociale et démocratique à tous les niveaux.

Le 1er mai 2018 est l’occasion cette année de rappeler notre combat contre cette austérité qui est durablement installée au niveau européen et dans notre pays.

Bien que certains jouent sur les mots : austérité ou rigueur : les constats sont là : chômage qui ne baisse pas, 3.435.900 chômeurs de catégorie A, mais le chiffre le plus effrayant et qui devrait bousculer l’ensemble de la Société Française c’est : 6.255.900 chômeurs toutes catégories A B C D E …

Ceux qui disent que le chômage baisse, c’est une Fake News …

Insuffisance grave du nombre d’offres d’emplois disponibles dont la nature est très et scandaleusement précaire, dégradation constante du niveau de pouvoir d’achat et de reste à vivre, aggravation profonde des situations de surendettement, remise en cause du service public républicain et d’accès au service public républicain, menaces sérieuses pour les 3 versants de la fonction publique, menaces grave sur la protection sociale collective solidaire et égalitaire et des régimes paritaires, menaces pesantes sur l’assurance chômage, menaces lourdes sur la Formation Professionnelle, menaces fondamentales sur l’avenir des retraites, menaces concrètes quant au libre accès à l’Université, menaces sur l’égalité salariales, sur l’emploi des personnes handicapées, voir le danger d’une réforme constitutionnelle…

Tous ces dossiers sur la table imposés par le Gouvernement Macron/Philippe/Pénicaud font face à nous et nous défient en dehors de tout entendement. Il va nous falloir combattre avec beaucoup de détermination pour faire entendre notre voix, nos positions et revendications Force Ouvrière.

Ce 1er mai 2018 s’inscrit entre la mobilisation des Fonctionnaires du 22 mars dernier et celle à venir du 22 Mai prochain, pendant une mobilisation sans précédent depuis 1995 des agents cheminots de la SNCF qui défendent ardemment leurs Statuts, pendant la mobilisation des salariés du commerce qui refusent le travail obligatoire du dimanche, pendant les mobilisations des retraités qui sont ponctionnés autoritairement par la CSG, pendant les mobilisations légitimes des salariés des EPHADs, des personnels hospitaliers, sans oublier les Etudiants, Air France, et tant d’autres comme les salariés de Carrefour, du commerce en général ….les colères sont claires, sourdes mais bien et si présentes…
Réformes, contre réformes, attitudes provocatrices du Patronat génèrent conflits sociaux qui se succèdent, qui sont nombreux, faisant appel à l’action syndicale juste et légitime qui se doit d’aboutir dans l’intérêt des travailleurs.

Ces combats syndicaux sont socialement et démocratiquement sains et révélateurs d’un réel, profond et ancré mécontentement des travailleurs qui refusent la soumission au dogme du libéralisme financier et de l’exploitation du 21ème siècle, qui refusent l’autoritarisme présidentiel et gouvernemental comme patronal.

Ces mécontentements sont partout les mêmes que ce soit au niveau international, européen ou national.

Le poids de la finance n’est toujours pas régulé et les logiques financières et spéculatives sont toujours dominantes, tant pour les Etats que pour les entreprises.

Le court terme prime sur le long terme, les placements sur l’investissement, la rentabilité sur la démocratie, les dividendes sur une juste répartition des richesses qui n’est encore à ce jour qu’un leurre pour les travailleurs de tous les pays.

Au niveau européen, il suffit de faire un tour d’horizon pour faire le constat des répercussions sociales, économiques et même démocratiques de l’austérité et de la financiarisation de l’économie.

Partout en Europe les manifestations anti austérité se sont multipliées ces dernières années pour condamner ici ou là les programmes de réformes et les politiques économiques et sociales régressives. Et ça continue de crises sociales, en crises politiques. Nous disons NON à l’Europe des marchés et OUI à l’Europe des travailleurs.

Partout le chômage des jeunes atteint des niveaux inacceptables, coupables et condamnables de la part de ceux qui ont en charge, d’une part de la gestion de l’outil de production et d’autre part le projet de société qui doit être au service de tous et particulièrement des travailleurs et des plus faibles et fragiles d’entres nous.

En France, outre le chômage des jeunes, celui des seniors fait des ravages en augmentant sans cesse. Aujourd’hui 45% des salariés du secteur privé qui demandent la liquidation de leur retraite complémentaire ne sont plus au travail.

Au niveau national, on nous parle de signes de reprise économique et le gouvernement attend de la croissance.
Premièrement, on le sait, une croissance de 1% à 2% est insuffisante pour créer de l’emploi stable et donc résorber le chômage structurel ;
Et les signes qu’on nous annonce ne résolvent en rien les inégalités croissantes et la hausse de la précarité, bien au contraire la pauvreté augmente.
Bien au contraire, si on fait la somme et la liste des réformes effectuées ou annoncées par le gouvernement Macron/Philippe : c’est un vrai champ de mines aggravé par cette course effréné suicidaire de la baisse des déficits sous la barre des 3% ; A quel prix sinon des serrages de boulons inacceptables socialement et économiquement remettant en cause par nature les équilibres démocratiques et sociaux.
On a toutes les raisons d’être profondément inquiets.
Je rappelle que notre organisation FO est très attachée à la pratique contractuelle, conventionnelle et statutaire.
Cela vaut en terme d’attachement pour le mécanisme et l’augmentation du Smic pour les salariés du secteur privé ;
Cela vaut de la même manière pour le point d’indice des agents fonctionnaires du secteur public ;
Cela vaut pour la réaffectation ciblée des aides publiques aux entreprises, pour la réduction des exonérations de cotisations patronales dans les branches où au moins un minimum conventionnel est inférieur au Smic ;

Ce 1er mai est l’occasion, une fois encore, de réaffirmer nos positions en toute liberté et indépendance, mais aussi de rappeler notre attachement viscéral aux valeurs républicaines.

C’est en opérant une rupture avec la logique économique et libérale en vigueur depuis des années que seront affaiblis les mouvements de rejet de l’autre et la paupérisation galopante que nous constatons, vivons et subissons depuis des années maintenant.

Il suffit de se remémorer l’histoire et de constater aujourd’hui qu’en France, comme ailleurs, la démocratie est menacée quand la crise économique et sociale est présente et s’aggrave et que les gouvernements apparaissent comme anesthésiés ou sous la coupe des marchés financiers.

Les peuples élisent des gouvernements, non des financiers qui, eux, sont choisis par les actionnaires.

C’est aussi pourquoi nous ne dévierons pas de nos positions : l’austérité est socialement, économiquement et démocratiquement destructrice.

Nous ne dévierons pas de notre rôle de syndicat : détermination, responsabilité, résistance, revendication, indépendance et liberté dans la négociation comme dans l’action. Telle est FORCE OUVRIERE.

Exiger une renégociation des traités européens, faire respecter la liberté de négociation et d’association qui ne doit subir aucune contrainte, ne pas noyer le syndicat dans l’intérêt dit général, savoir résister pour conquérir demain, exiger des augmentations du pouvoir d’achat, faire vivre la solidarité, tel est notre rôle.

FORCE OUVRIERE a toujours su prendre ses responsabilités.

Nous saurons encore les prendre si nécessaire : oui à l’action commune intersyndicale, interprofessionnelle ponctuelle, sur des bases claires, définies ensemble, dans un cadre déterminé. Mais non au patchwork sociétal politico-syndical-associatif.

Mes camarades, au lendemain de notre congrès confédéral, résistance, revendications et si besoin action sont à l’ordre du jour et nous profitons de ce 1er mai 2018 pour réaffirmer nos positions en toute liberté et indépendance.

Avant de conclure, saluons l’action syndicale offensive et revendicative de nos camarades FO dans la Vienne, particulièrement :
- A Toupargel, à Itron, à Safran, à St Jean Industrie, dans les hôpitaux, chez les Territoriaux, dans l’Education Nationale, à Géant Casino, à Auchan, dans la Fonction Publique de l’Etat, à CCA International, à la SNCF, à B Braun Médical, à l’ADAPEI, pour ne citer qu’eux qui se battent pour l’emploi, les salaires, les conditions de travail, la reconnaissance professionnelle,…

Le 1er mai, mes camarades, n’est pas un symbole émoussé et, je le rappelle, ce n’est pas la scélérate « fête du travail » initiée par le Maréchal Pétain.

Le 1er mai est bien le Jour de Solidarité et de revendications syndicales et sociales internationales.

Ce 1er mai est l’occasion de rappeler qu’il nous faut continuer à contester avec détermination, contre la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie qui se développent sur le terreau de la misère, de la bêtise et de l’intolérance et de l’ignorance.

Nous devons être en vigilance constante, en veille permanente pour réagir et agir de la manière la plus adaptée et de la manière la plus ferme autant que de besoin.

De rappeler également le strict respect du principe de laïcité ; laïcité qui en ces périodes électorales permanentes fait l’objet de nombreux débats, y compris sur la soi-disant nécessité de nouveaux textes législatifs.

Profondément attachés aux valeurs de Liberté, d’Egalité, de Fraternité et de Laïcité, nous le sommes, FO l’est, plus que jamais.

La Laïcité c’est le respect de la liberté de conscience. La Laïcité appelle aussi à une stricte égalité de traitement entre les croyants, les athées et les agnostiques, c’est aussi la séparation de l’église et de l’État ; C’est la stricte séparation des sphères privées et publiques.

Les revendications restent et sont la colonne vertébrale de notre syndicalisme confédéré.

Elles sont le moteur de l’histoire et c’est pourquoi, en ce 1er mai 2018, la confédération FO appelle tous les salariés, du privé comme du public, à la rejoindre, à se mobiliser, à constituer leurs syndicats Force Ouvrière.

Alors, mes camarades, soyons toujours prêts et soyons déterminés.

Refusons toute austérité de gauche, de droite, du centre, d’ailleurs, syndicale ou patronale, refusons-la, d’où qu’elle vienne et préparons-nous à prendre toutes les initiatives qui seraient encore indispensables pour garantir les droits des travailleurs comme l’a tracé en perspective notre Congrès Confédéral de Lille.
Vive le 1er mai des revendications et la solidarité internationale des salariés et des peuples !!
Vive la classe ouvrière et la résistance sociale ouvrière !
Vive Force Ouvrière dans la Vienne !
Vive la cgt-FORCE OUVRIERE libre et indépendante !
Vive la République Sociale !