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Les comptes de l’Unedic dans le vert en 2020… si l’Etat ne vient pas y piocher

Publiée le 15/06/2018

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L’Unedic, organisme paritaire qui gère l’Assurance chômage, a présenté le 13 juin 2018 ses prévisions financières à l’horizon 2021. Avec les règles actuellement en vigueur, le régime serait à l’équilibre en 2019 et excédentaire en 2020. Mais FO redoute une fragilisation de son financement avec le transfert des cotisations salariales vers la CSG.

Après une décennie de déficit, les comptes de l’Assurance chômage devraient retrouver l’équilibre en 2019 et renouer avec les bénéfices dès 2020. C’est ce qui ressort des prévisions financières 2018-2021 adoptées le 13 juin par le bureau de l’Unedic, organisme paritaire gestionnaires du régime. Cet exercice de projection est basé sur les règles actuellement en vigueur, issues de la convention d’avril 2017.

Les comptes de l’Unedic sont dans le rouge depuis la crise économique de 2008. Le déficit atteignait 3,4 milliards d’euros en 2017. Selon les prévisions, il serait réduit à 1,36 milliards d’euros en 2018 puis à 89 millions d’euros en 2019. Les comptes passeraient ensuite en positif avec 1,6 milliard d’euros d’excédents en 2020 et 3,6 milliards d’euros en 2021. La dette atteindrait son maximum fin 2019, avec 35 milliards d’euros, puis redescendrait à 29,8 milliards d’euros en 2021.

C’est bien la démonstration que nous sommes de bons gestionnaires, réagit Michel Beaugas, secrétaire confédéral FO chargé de l’emploi. Les organisations syndicales et patronales soulignent dans un communiqué que ce sont notamment leurs décisions dans le cadre de la convention Unedic d’avril 2017 qui ont permis cette amélioration des comptes. Ces nouvelles règles, entrées en vigueur en octobre 2017, permettraient, au terme de leur montée en charge, près de 930 millions d’économie par an. Sans ces décisions, en 2021, la dette de l’assurance chômage aurait été alourdie d’environ 2,7 milliards d’euros, ajoutent-ils.

À partir de 2018 les parlementaires auront la main sur les recettes du régime
Pour les interlocuteurs sociaux, cette embellie financière est également la conséquence du dynamisme économique. Ils soulignent dans un communiqué que cette évolution illustre l’extrême sensibilité de l’équilibre financier aux variations de la conjoncture économique, en négatif comme en positif. Ils rappellent que le régime joue un rôle de stabilisateur social et économique face à la crise et que pour fonctionner, ce pilotage de moyen terme nécessite que les déficits des années de crise soient compensés par les excédents des années de croissance. Les excédents dégagés à partir de 2020 doivent donc nécessairement être alloués au désendettement du régime pour assurer sa pérennité financière, selon l’Unedic. Et c’est là que la bât blesse.

Si l’avenir paraît plus rose, il n’en reste pas moins quelques inquiétudes liées à la pérennité du financement de l’Assurance chômage, tempère Michel Beaugas. À partir de 2018, les cotisations salariales d’Assurance chômage seront remplacées par la CSG. Donc tous les ans, les parlementaires auront la main sur les recettes du régime dans le cadre de la loi de finances, avec toutes les incertitudes que cela peut comporter, poursuit Michel Beaugas. Comme le régime va être bénéficiaire, il peut être tentant d’en affecter une partie ailleurs, et le désendettement sera moins rapide. Et comme certains pensent déjà à faire de même avec les cotisations patronales, on peut avoir quelques inquiétudes.

Autre crainte des interlocuteurs sociaux, la reprise en main du régime par l’exécutif dans le cadre du projet de loi Avenir professionnel actuellement débattu à l’Assemblée nationale. Si ce texte est adopté, les interlocuteurs sociaux devraient à l’avenir respecter une enveloppe financière fixée par l’État.

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