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Le niveau de vie médian reste inférieur à son niveau d’avant la crise

Publiée le 08/06/2018

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En 2015, la moitié des ménages disposaient d’un revenu disponible inférieur à 1 692 euros par mois, selon une étude de l’Insee publiée le 5 juin 2018. Le taux de pauvreté restait supérieur à son niveau de 2008. Quant aux inégalités de patrimoine, elles ont augmenté en 20 ans.

Les plaies de la crise économique ne sont toujours pas refermées, d’après l’édition 2018 de l’enquête « Revenus et patrimoine des ménages » de l’Insee. Le niveau de vie [1] médian, qui partage en deux la population, entre une moitié qui dispose d’une somme inférieure et l’autre moitié d’une somme supérieure, atteignait 20 300 euros par an en 2015 en France métropolitaine, soit 1692 euros par mois. Malgré une légère hausse de 0,4% depuis 2014, il reste inférieur à son niveau de 2008, à 2 400 euros.

Les inégalités, bien que stables, restent fortes. Les 10% des ménages les plus aisés vivent avec plus de 3 125 euros par mois, et même 8 850 euros pour les 1% les plus riches, tandis que les 10% les plus pauvres disposent de moins de 905 euros par mois.

Une famille monoparentale sur trois vit sous le seuil de pauvreté
Près d’un Français sur sept, soit 8,9 millions de personnes, vit sous le seuil de pauvreté, fixé à 1015 euros par mois. Le fait marquant concerne surtout le développement de la pauvreté des familles monoparentales, dont les membres vivent sous le seuil de pauvreté dans près d’un tiers des cas, soulignent les auteurs de l’étude. Leur nombre a augmenté d’un million depuis 1996.

Les situations varient aussi selon les catégories socio-professionnelles : 3% des cadres sont pauvres contre près de 25% des agriculteurs. Dans les ménages où la personne de référence est au chômage, le taux de pauvreté grimpe à 49,9%, contre 8,3% pour les ménages de salariés et 8,5% pour les retraités.

En matière de patrimoine, les disparités sont encore plus marquées. Le patrimoine brut comprend les actifs financiers, professionnels, les biens immobiliers et autres biens durables et objets de valeur. En 2015, la moitié des ménages déclare un montant supérieur à 158 000 euros et détient collectivement 92% de la masse totale. Dans le détail, les 10% des ménages les plus dotés déclarent 595 000 euros tandis que les 10% les moins bien dotés disposent de seulement 4 300 euros d’actifs. Les premiers détiennent 47% de la masse totale de patrimoine brut et les seconds moins de 0,1%, souligne l’étude.

Un patrimoine en baisse de 31% pour les moins bien dotés
Les inégalités de patrimoine ont augmenté entre 1998 et 2015. Sur cette période, le patrimoine brut moyen a doublé en euros courants. Mais il a baissé de 31% pour les 10% de ménages les moins bien dotés tandis qu’il augmentait de 113% pour les 10% les mieux dotés.

La détention de la résidence principale est un critère déterminant dans les inégalités de patrimoine, poursuivent les auteurs de l’étude. En 2015, le patrimoine brut médian des ménages propriétaires est 20 fois plus élevé que celui des ménages locataires.

Flambée des prix dans l’immobilier
Or selon un éclairage de l’Insee, acheter sa résidence principale est de plus en plus difficile pour les ménages. En 2015, seulement 7,9% d’entre eux avaient fait une acquisition au cours des cinq dernières années contre 11,6% en 2004 et ce taux ne cesse de diminuer. En cause, la flambée des prix. Entre la fin des années 1990 et 2008, les tarifs de l’immobilier ancien ont bondi de 140% tandis que dans le même temps, le revenu disponible par ménage n’a augmenté que de 40%, souligne l’Insee.

Cette baisse des acquisitions s’explique aussi selon l’Insee par l’augmentation de la part des personnes seules et des ménages de 60-69 ans moins à même d’acheter une résidence principale.

Avec la crise de 2008, malgré les mesures de soutien à l’acquisition d’un logement, la probabilité d’achat des ménages en couple avec ou sans enfants s’est réduite entre 2004 et 2015, observe l’Insee. En 2015, le profil des acquéreurs récents est un couple avec enfants, plutôt jeune, avec un niveau de vie supérieur à la médiane. La probabilité d’achat est plus forte lorsque le ménage a touché une donation financière. En 2015, le fait d’en avoir perçu une a augmenté le 20 points la probabilité d’achat.

80% des parents d’un jeune adulte l’aident financièrement
Dans huit cas sur dix, les parents d’un jeune adulte âgé de 18 à 24 ans apportent une aide financière à ce dernier, selon un éclairage de l’Insee. En 2014, le montant moyen consacré est de 3 670 euros par an, soit 8% de revenus disponibles du ménage. L’aide peut se faire sous forme de versements monétaires ou d’achats.
Le taux d’effort varie cependant selon la situation de l’enfant. Neuf ménages sur dix apportent un soutien financier lorsque le jeune adulte est étudiant. Lorsque ce dernier possède son propre logement mais revient régulièrement chez ses parents, ces derniers lui consacrent en moyenne 8 100 euros par an, soit 15% du revenu disponible. En revanche, s’il a un emploi et habite chez ses parents, l’aide se réduit à 1 450 euros par an.

Les ménages les plus modestes consacrent 13% de leur revenu disponible

Plus les parents sont aisés, plus leurs dépenses augmentent : de 1310 euros par an pour les 10% les plus modestes à 7 050 euros pour les 10% les plus riches. Mais l’effort reste le même à l’exception des plus modestes, qui y consacrent 13% de leur revenu disponible.
Les ménages de parents séparés, qui ont en moyenne des revenus plus faibles que les autres, sont moins nombreux à offrir une aide. De même, le fait d’avoir de jeunes enfants à charge dans le ménage réduit les chances d’aider le jeune adulte ainsi que le niveau du montant versé.

Notes
[1] Le niveau de vie est le revenu disponible du ménage pour consommer et épargner, calculé en fonction de sa composition. Pour prendre en compte les économies d’échelle issues de la mise en commun de certains biens, l’Insee le calcule en unités de consommation (UC). Ainsi, le premier adulte compte pour une UC, les autres personnes de 14 ans ou plus pour 0,5 UC et les enfants de moins de 14 ans pour 0,3 UC.

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