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Intervention de la délégation FO au Bureau Exécutif de la Confédération Syndicale Internationale

Publiée le 24/05/2018

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Pour son premier Bureau Exécutif de la Confédération Syndicale Internationale en tant que titulaire français du mandat depuis le XXIVe congrès, FO a fait plusieurs interventions dans une période où la casse des droits collectifs et la déprotection des travailleurs par l’individualisation des droits sont devenus aujourd’hui la norme, non seulement en France, mais dans toutes les régions du monde. Partageant le constat unanime de l’explosion des inégalités mondiales, de l’absence de redistribution des richesses et de la bipolarisation de la société où les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres, Pascal Pavageau a insisté sur la nécessité d’un mouvement syndical international fort et uni dans l’objectif d’établir le rapport de forces nécessaire pour faire entendre la voix des travailleurs.

FO a également insisté sur la place et le rôle que doit avoir l’Organisation Internationale du Travail, forte de son mandat de justice sociale, dans la lutte face aux nombreux défis qui se posent aujourd’hui aux travailleurs. La délégation FO profite de cette réunion à Londres pour renforcer ses liens avec les organisations syndicales de tous les continents, tant à l’occasion notamment de la célébration des 150 ans du syndicat britannique TUC qu’à travers des échanges particulièrement sur la situation sociale de l’Italie avec nos camarades présents.

Déclaration de Pascal Pavageau, Secrétaire général de Force Ouvrière
Je vous apporte le salut fraternel de l’ensemble des structures et Syndicats Force Ouvrière. Je suis ravi d’être présent à ce 24e Bureau exécutif, c’est l’occasion pour moi de me présenter en tant que nouveau Secrétaire général de Force Ouvrière.
Comme l’indique le projet de Déclaration, très large comme l’a souhaité Sharan, ainsi que nos débats, nous assistons partout à une montée des inégalités, à des attaques de plus en plus fortes contre les droits fondamentaux et, en parallèle, à une répartition de la richesse produite toujours plus défavorable aux travailleurs. En France, par exemple, les 2/3 des profits des grandes entreprises sont désormais distribués aux actionnaires et moins de 5% reviennent aux salariés !

En fait, le clivage traditionnel entre pays du Nord et pays du Sud, pays développés et pays en développement, est aujourd’hui dépassé : au sein de chaque région du monde et au sein même de chaque État, nous assistons à une véritable fracture sociale. Une bipolarisation est à l’œuvre, avec des riches toujours plus riches et des pauvres toujours plus pauvres. Les 1% les plus riches captent désormais 82% de la richesse produite dans le monde. La théorie du « ruissellement » prônée par les libéraux est en fait devenue une évaporation !

On assiste à des politiques qui sont majoritairement menées pour les quelques-uns qui ont déjà tout et ont pu réussir seuls, par chance ou grâce à leurs capacités personnelles, au détriment de tous les autres, le tout dans un contexte général de manque voire d’absence de reconnaissance des droits syndicaux.

Certes, le monde change et les enjeux évoluent. Il ne s’agit pas de rester figé ni renfermé sur soi. Nous avons besoin de lutter, ensemble, contre ces inégalités qui explosent et la logique de casse des droits et protections collectives. Nous avons besoin de relever, ensemble, les défis comme les opportunités soulevés par le Numérique ou les questions environnementales, comme nous le faisons déjà en partie au sein des COP.

A la sortie de la guerre, les États ont été en capacité, grâce au mouvement syndical, de créer des droits sociaux nouveaux et de se reconstruire selon une volonté de justice sociale. Il n’est donc pas admissible aujourd’hui que dans des pays qui débordent de richesses, le seul cap qui soit donné soit celui de « déprotéger » les gens et de renvoyer chacun à son seul sort.

Face à ce rouleau compresseur de droits et créateurs d’inégalités, nous devons notamment réaffirmer le rôle et l’objectif de l’OIT en matière de droits fondamentaux et sa place prépondérante sur le plan social face aux autres institutions internationales, en particulier à l’occasion de son centenaire l’an prochain. Il est nécessaire que nous sortions plus fort et unis du Congrès de décembre 2018 : le fait d’axer nos priorités autour du développement syndical est une excellente chose. Et comme l’a rappelé Richard Trumka tout à l’heure, l’unité du mouvement syndical international est essentielle à la construction du rapport de force nécessaire pour défendre et faire entendre la voix des travailleurs.

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