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Qui sont les smicards ?

Publiée le 09/01/2018

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Le ministère du Travail a dressé un portrait-robot statistique des 1,65 million de salariés du privé payés au Smic. Une femme à temps partiel travaillant dans un fast-food émerge de l’océan de chiffres scruté par la Dares.

Un gain de 12 centimes par heure de travail, soit 18,20 euros de plus par mois pour un temps plein, c’est l’augmentation qui a été accordée le 1er janvier 2018 aux salariés payés au Smic. De 9,76 euros brut l’heure en 2017, le salaire minimum est passé à 9,88 euros brut. En salaire mensuel, il s’élève désormais à 1 498,47 euros brut.

10,6 % des salariés du secteur privé concurrentiel non agricole étaient directement concernés par la hausse lors de la précédente revalorisation, en janvier 2017.

Les femmes d’abord, puisqu’elles sont surreprésentées quelle que soit la taille de l’entreprise. Elles sont 910 000 à être payées au Smic, soit 55,2 % des salariés concernés par son augmentation, alors qu’elles représentent 44 % de l’emploi salarié du secteur privé non agricole. Et cela ne s’arrange pas dans les grandes entreprises de plus de 500 salariés où le taux grimpe à 62,7%.

Les femmes rémunérées au Smic sont plus nombreuses que la moyenne dans tous les regroupements de branche, à l’exception du nettoyage, manutention, récupération et sécurité et des transports. Sur la plus haute marche du podium : les bureaux d’études et prestations de services aux entreprises, où 67 % des bénéficiaires de la revalorisation du salaire minimum sont de sexe féminin alors que la proportion de femmes salariées y est de 37 %. Une surreprésentation qui concerne également le secteur de la chimie et pharmacie et les plastiques, caoutchouc et combustibles.

10,6 % : des salariés du secteur privé étaient directement concernés par la hausse lors de la précédente revalorisation, en janvier 2017.

À temps partiel dans une TPE
Autres caractéristiques de ce portrait-robot : le temps partiel. Près d’un quart des salariés à temps partiel sont payés au Smic contre 7,5 % des salariés à temps complet. Ces temps partiels sont plus nombreux dans les petites entreprises et dans certaines branches professionnelles comme « l’hôtellerie, restauration et tourisme », « l’habillement, cuir, textile », « la coiffure », où le nombre de bénéficiaires concernés est important dans la mesure où ils exercent en moyenne des emplois moins qualifiés que les salariés à temps complet.

Les TPE sont friandes de salariés payés au Smic : plus l’entreprise est de taille modeste et plus la proportion de salariés directement concernés s’accroît. Entre quatre et cinq salariés payés au Smic sur dix travaillent dans une TPE, alors que deux salariés sur dix sont employés dans ces entreprises.

Dans la restauration rapide aussi
Quant aux branches, 11 % d’entre elles présentaient un premier niveau de grille inférieur au Smic en vigueur depuis le 1er janvier 2016. La revalorisation du 1er janvier 2017 a fait bondir ce taux de non-conformité à 52 % à cause d’un premier niveau de grille trop faible.

C’est dans « l’hôtellerie, restauration et tourisme » que la proportion de travailleurs payés au Smic de janvier 2017 a été la plus importante avec 31 % pour l’ensemble des salariés et 54 % pour ceux à temps partiel. Avec un taux qui grimpe à 65 % dans la convention collective de branche de la « restauration rapide ». Dans les TPE du secteur de l’« hébergement et restauration », 44,5 % des salariés ont directement bénéficié de la revalorisation du Smic au 1er janvier 2017, contre 24,3 % des salariés dans les entreprises de même taille tous secteurs confondus.

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