Les actualités de l’Union départementale FO Vienne

Manifestation Départementale Intersyndicale de la Fonction Publique


L'agenda FO Vienne

Consultez tous les évènements


Les actualités archivée

Voir les actualités en cours

Voir les archives

Grandes manœuvres chez Carrefour

Publiée le 08/12/2017

Fb8e4ddc66bc7cec18c476b2d3f799c4

Il y a du mouvement chez Carrefour. Mise en location gérance de cinq hypermarchés, alliance avec Fnac-Darty, stations-services totalement automatisées, ouverture dès 2018 de 30 hypermarchés le dimanche matin. Le groupe dirigé depuis juillet par Alexandre Bompard, ex-P-DG de Fnac-Darty, doit annoncer le 23 janvier 2018 un plan de transformation, c’est-à-dire d’économies.

Avec 380 000 salariés dans le monde dont 130 000 en France, le groupe Carrefour figure parmi les plus gros employeurs privés de l’Hexagone. Également sur le sol français, 5 670 magasins, dont 243 hypermarchés.

Début décembre 2017, la direction de l’enseigne a annoncé un accord avec Fnac-Darty. Un rapprochement qui concerne une mutualisation des achats d’électroménager et d’électronique afin d’obtenir des prix plus bas. Une union qui a lieu alors qu’Amazon, et sa puissance de frappe, tente de poser un pied dans le secteur alimentaire. Une rumeur a couru cet automne : celle du rachat du groupe français par le géant de l’internet américain.

Hypermarchés dans le rouge

Fleuron de la grande distribution, le groupe affiche près de 86 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 1 milliard de bénéfice. Si le géant gagne beaucoup d’argent, les résultats des hypermarchés français sont dans le rouge. Le modèle de la très grande surface semble avoir du plomb dans l’aile. Les consommateurs y passent moins de temps et limitent de plus en plus leurs achats à l’essentiel. Adaptation à la crise économique ou changement de comportement durable ? C’est à la direction du mastodonte de trancher.

Un plan de transformation en cours de rédaction doit être annoncé le 23 janvier 2018. Mais un certain nombre d’éléments sont déjà connus, comme le passage en location gérance de cinq hypermarchés, dont ceux de Château-Thierry, Montluçon, Flers et Cahors. Un statut qui permet à Carrefour de conserver le fonds de commerce tout en donnant des coudées franches au gérant. Problème : les salariés risquent de perdre de nombreux avantages collectifs négociés au sein du groupe. Et ce n’est pas rien, les accords signés chez Carrefour sont les meilleurs de la grande distribution.

De nombreux avantages sur la sellette

André-Denis Terzo, délégué national adjoint FO chez Carrefour Hypers ne cache pas ses craintes. L’enjeu est important car les salariés risquent de perdre l’équivalent de plus d’un mois de rémunération. Sur la sellette : la minoration voire la disparition des tickets restaurant, de la remise sur achat, de la participation, de l’intéressement. Également en jeu, les avantages sur la mutuelle et la prévoyance. La prochaine réunion de négociation aura lieu le 11 décembre et d’autres vont s’échelonner pendant le mois de janvier, indique André-Denis Terzo. Nous faisons tout pour que les salariés perdent le moins possible.

200 salariés à reclasser

Morosité également côtés stations-services. Installées à proximité des hypermarchés, une centaine d’entre elles sont passées en automatique, ouvertes 24h sur 24, avec un paiement par carte. Du coup, l’enseigne économise deux temps complets par station. C’est énorme, poursuit le délégué FO. Cela concerne 200 personnes sur les 100 magasins. Des postes souvent occupés par des salariés reclassés : des caissières et caissiers qui pour des raisons physiques ne pouvaient plus assurer leur travail dans le magasin. Notre objectif, c’est le maintien de ces personnes dans l’emploi, continue André-Denis. Mais c’est compliqué car aujourd’hui il n’y a pas de postes adaptés pour les reclasser en hypermarché. Jadis, la direction leur proposait d’intégrer les services administratifs, mais tout ce secteur a été centralisé et n’est plus assuré dans les magasins.

30 hypermarchés ouverts le dimanche matin

Autre sujet sensible, celui du travail le dimanche matin. FO a signé l’accord cadre qui définit les conditions d’ouverture le dimanche matin. La décision n’a pas été facile à prendre, explique André-Denis Terzo. Car à FO, nous sommes contre le travail le dimanche et nous seront toujours contre. En début d’année 2017, la direction du groupe avait déjà posé le sujet sur la table avant d’essuyer un refus des organisations syndicales. Elle est revenue à la charge en septembre avec une liste de 30 hypermarchés concernés par la mesure.

L’accord cadre a permis de blinder les conditions d’ouverture pour tous les magasins, poursuit le représentant FO. Il couvre la rémunération du dimanche, l’appel au volontariat et les ouvertures devront être effectuées par au minimum 80 % de créations d’emploi. Un point essentiel, insiste le délégué, la décision d’ouvrir ou non sera prise en magasin par les 30 comités d’entreprise. Car, ajoute André-Denis Terzo, dans une zone où les autres enseignes sont fermées le dimanche matin, il n’y a aucun intérêt à lever le rideau de fer, sinon à créer des précédents forçant les autres à ouvrir également.

Lien permanent Nom de l'auteur