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Salaires : l’inégalité hommes/femmes loin d’être résolue !

Publiée le 17/07/2017

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Au fil des années, les études en la matière se suivent et hélas arrivent aux même conclusions : il y a toujours une inégalité salariale entre les hommes et les femmes. A la défaveur des femmes bien entendu. Ainsi annonçait ce début juillet une enquête de l’Insee, les femmes gagnaient en moyenne 14% de moins de l’heure que les hommes dans le secteur privé en 2014. Si la situation s’est un peu améliorée en vingt ans certes mais cette inégalité est confirmée une nouvelle fois et elle ne doit rien au hasard. D’une part, les femmes occupent plus souvent que les hommes des positions socioprofessionnelles moins favorables et dans des secteurs moins rémunérateurs et d’autre part des inégalités salariales demeurent au sein des entreprises.

Elles ont beau avoir un niveau d’études et une expérience professionnelle supérieurs à ce qu’elles avaient il y a des décennies, les femmes restent moins rémunérées que les hommes sur le marché du travail constate l’Insee dans sa dernière étude publiée le 4 juillet et portant sur le thème des inégalités salariales entre les hommes et les femmes.

Quelle est la raison de cette inégalité salariale qui perdure ? Il y a en fait un cumul de deux explications indique l’Insee. D’abord les femmes sont davantage employées que les hommes au sein d’entreprises moins rémunératrices. L’Insee nomme ce phénomène la « ségrégation interentreprises ». A cela s’ajoute l’inégalité salariale entre hommes et femmes au sein même de l’entreprise.

A productivité identique, les femmes gagnent moins que les hommes remarque l’Insee, nommant ce phénomène inégalité intra-entreprise. Reste à déterminer le poids respectif de ces deux explications concernant une inégalité salariale qui semble encore hélas avoir de beaux jours devant elle.

Moins de cadres femmes

Un premier constat pourra toutefois mettre un peu de baume au cœur des femmes qui travaillent… Le niveau de cette inégalité salariale était bien plus élevé il y a vingt ans. En 1995 indique en effet l’Insee, l’écart du salaire horaire entre hommes et les femmes s’élevait à 16,8%. En 2014, cet écart est de 14,4%.

Cela est dû à une progression plus forte de 1995 à 2014 du salaire horaire moyen des femmes (+28,2%). Le salaire horaire moyen des hommes a augmenté lui de 24,5%. A ce phénomène il faut toutefois en ajouter deux autres : la progression des qualifications professionnelles des femmes et le passage aux 35 heures précise l’Insee.

Au-delà de cet heureux constat, différentes caractéristiques jouent une grande importance dans l’inégalité salariale hommes/femmes analyse l’Insee citant les niveaux de qualification, le diplôme, l’expérience professionnelle, l’ancienneté, l’âge, le secteur d’activité ou encore le type d’employeur.

Par ailleurs relève l’Institut de la statistique, les femmes occupent moins souvent que les hommes des postes de cadres ou de professions intellectuelles supérieures, généralement les mieux rémunérées. Sur la période 1995-2014, seulement 10% en moyenne de femmes occupent ces postes contre 15,9% d’hommes.

Moins de femmes dans les entreprises qui payent bien

Il y a moins de femmes aussi dans les secteurs d’activités où les salaires moyens sont les plus élevés note l’Insee citant l’exemple de l’industrie pétrolière (cokéfaction et raffinage) où l’on ne compte que 19% de femmes contre 42% dans l’ensemble du secteur privé.

En revanche les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans des secteurs où les salaires sont en moyenne les plus bas tel le secteur de l’hébergement et la restauration où les femmes représentent 49% des effectifs.

Par ailleurs relève encore l’Insee les différences entre les hommes et les femmes en termes de diplôme, d’âge, d’expérience, d’ancienneté dans l’entreprise, de catégorie socioprofessionnelle, de quotité de travail, de secteur d’activité, de région d’emploi et de taille de l’entreprise pèsent pour 5,9 points en 2014 dans l’écart de salaire horaire moyen entre hommes et femmes. Si ces caractéristiques étaient valorisées chez les femmes comme elles le sont chez les hommes, l’écart de salaire entre femmes et hommes serait réduit à 5,9%.

Au lieu de cela, à caractéristiques égales avec les hommes, les femmes sont rémunérées 8,4% de moins de l’heure (12,4% de moins en 1995) que les hommes constate l’Insee soulignant la sous-représentation des femmes parmi les cadres.

Valoriser l’expérience reste difficile

Cela ne reflète pas uniquement des écarts de compétences mais les difficultés des femmes à accéder à ces emplois et ceci, potentiellement du fait de comportements discriminatoires. Au final et considérant ces difficultés se plaisent à indiquer les auteurs de l’enquête (deux femmes et un homme), les femmes devenant cadres ont de grandes chances d’être finalement plus compétentes et plus motivées que leurs homologues masculins…

En 2014, les femmes ont davantage accès qu’en 1995 à des postes hiérarchiques plus élevés mais elles sont moins nombreuses qu’en 1995 à occuper un postes dans les secteurs d’activité les plus rémunérateurs indique l’Insee. On comptait ainsi 13,4% de femmes cadres en 2014 contre 7,4% en 1995.

En revanche on comptait 40,2% de femmes en 1995 dans les cinq secteurs d’activités aux salaires moyens les plus élevés. En 2014, elles ne sont plus que 33,3%. Dans les cinq secteurs d’activités les moins bien payés, on comptait 49,1% de femmes en 1995. Elles représentent 53,9% des effectifs en 2014.

Les études statistiques portant sur une évolution sur vingt ans de l’écart salarial entre hommes et femmes révèlent aussi les difficultés des femmes à valoriser leur expérience professionnelle. L’expérience accumulée par les femmes est moins valorisée que celle des hommes note l’Insee et ces carrières plates des femmes pèsent lourd dans l’écart salarial.

Le poids du temps partiel

Ce déficit de valorisation de l’expérience provient notamment d’une moindre valorisation de l’expérience professionnelle à temps partiel que celle à temps plein. Or rappelle l’Insee, il y a davantage de femmes à temps partiel que d’hommes.

Les inégalités salariales se traduisent aussi en termes de primes versées. Ces écarts de niveau de primes appelés effet de négociation peuvent provenir notamment d’une différence de pouvoir de négociation entre les femmes et les hommes dans le partage de la richesse produite au sein d’une même entreprise.

Cela peut provenir aussi indique l’Insee d’une plus forte présence des hommes aux postes les mieux rémunérés ou encore des écarts de temps travaillé entre les femmes et les hommes si les heures supplémentaires sont mieux payées que les heures réglementaires. L’écart peut résulter aussi de comportements discriminatoires des entreprises en matière de salaire à l’encontre des femmes. L’Insee note encore que l’écart de salaire entre les sexes serait réduit d’un dixième si les femmes étaient réparties dans les mêmes proportions dans les mêmes entreprises.

Les entreprises peu responsables de cet écart ?

Sur un échantillon d’entreprises de dix salariés ou plus des secteurs hébergement/restauration, commerce de détail et autres entreprises manufacturières, l’Insee estime que l’écart salarial entre hommes et femmes s’élève à 15,6% en moyenne sur la période 1995-2014. Or l’effet de ségrégation interentreprises (femmes plus nombreuses dans des entreprises moins rémunératrices) pèse 10,6% de cet écart salarial dans les entreprises les moins rémunératrices.

L’écart salarial hommes/femmes pèse lui 4,1% en ce qui concerne les cadres note l’Insee soulignant que près de la moitié des écarts salariaux chez les cadres proviennent des inégalités internes à l’entreprise.

Pour l’Insee les entreprises ont ainsi un rôle limité dans les inégalités salariales, sauf pour les cadres. Ainsi à productivité donnée, l’écart de salaire selon le sexe dû aux entreprises est faible : il représente entre 1,8% et 13,5% seulement de l’écart de salaire moyen pour l’ensemble des salariés. C’est surtout la ségrégation interentreprises qui entretient les inégalités salariales entre hommes et femmes, sauf chez les cadres où le processus est inversé assure l’Insee.

Et d’avancer des explications concernant le poids de cette inégalité interentreprises pesant sur les femmes non cadres. Pour l’institut, les femmes privilégieraient plus que les hommes les entreprises leur permettant de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale ». Or ces entreprises « versent en moyenne des salaires plus bas. Rien ne les y oblige…

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