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Jean-Claude Mailly : « Simplifier le compte pénibilité ne veut pas dire remettre en cause des droits »

Publiée le 01/06/2017

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« Le gouvernement se donne "jusqu’à la fin de l’année" pour simplifier le compte pénibilité, a annoncé Edouard Philippe mardi soir. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO), explique au JDD pourquoi il n’est pas opposé, "pour le moment", au Premier ministre et à Emmanuel Macron sur ce sujet. » Europe 1 & le JDD

Que pensez-vous de la volonté d’Édouard Philippe de vouloir simplifier le compte prévention pénibilité, l’une des mesures sociales phare du quinquennat Hollande ?

Tout d’abord, il faut souligner que le Premier ministre ne remet pas en cause la question de la pénibilité sur le fond. Il ne reviendra pas sur les quatre critères de pénibilité et il n’y aura pas de rétroactivité. A priori, ça ne me choque pas. J’ai toujours dit au nom de FO qu’il y avait un problème de pénibilité. Cependant, il faut que l’on puisse améliorer le système pour qu’il soit plus simple pour les entreprises et plus efficace pour les salariés. Pour cela, nous devons remettre le dossier sur la table.

Une simplification ne risque-t-elle pas d’affaiblir le droit des travailleurs ?

Il va falloir que nous discutions. Il était prévu que nous passions des accords de branche pour établir des référentiels, mais toutes les branches n’ont pas négocié. Les règles actuelles sont trop compliquées. Simplifier ne veut pas dire remettre en cause des droits. Quand je regarde tous les critères, je comprends très bien qu’il est difficile pour un chef d’entreprise de TPE ou de PME de tout gérer (paperasserie, contrôle, etc.). Ces entreprises n’ont pas de direction des ressources humaines pour comptabiliser tout cela. Si elles peuvent utiliser des accords de branches comme référentiels, cela leur facilitera le travail.
Du point de vue des travailleurs, il existe trois possibilités : faire une formation, se mettre à temps partiel ou prendre sa retraite dès 60 ans. Or, quelqu’un qui choisit de partir plus tôt ne pourra pas le faire avant 60 ans. Avant la réforme, c’était déjà l’âge légal, donc ce n’est pas vraiment un progrès. Il faut à la fois dire que la pénibilité est un problème sérieux, mais de la manière la plus efficace et la plus équitable possible. Il faut simplifier ce dispositif et faire en sorte qu’il soit bénéfique à la fois pour l’entreprise et le salarié.

Emmanuel Macron avait dit vouloir engager un moratoire sur cette question. Cela ne vous inquiète-t-il pas ?

Non, je ne pense pas que cela remette tout fondamentalement en cause. C’est toute une série de dossiers qui est en jeu. Que ce soit ou sur la réforme du Code du travail, les IRP… Pour le moment, je dis bien pour le moment, je sens qu’il y a de vraies marges de manœuvres. Après, est-ce que le nouveau gouvernement va véritablement prendre en compte ce qu’ont à dire les organisations syndicales ? Si c’est le cas, on pourra dire que c’est une concertation efficace. Ce que je souhaite, c’est que les choses se passent correctement. L’ensemble des syndicats sont ouverts à la discussion. De toutes manières, nous en saurons plus après les élections législatives.

Comment jugez-vous le début de présidence d’Emmanuel Macron ?

Il a été attentif, il a posé des questions, il a beaucoup écouté. Il n’a pas dit oui ou non, il a laissé place à la discussion. A voir de quel côté il se positionnera. J’espère qu’il le fera du bon, sinon il s’expose à des réactions. Pour le moment, nous sommes dans une période de concertation et nous verrons bien les résultats. Le syndicalisme, c’est avoir des positions, mais aussi être pragmatique. J’ai dit au Président qu’il avait le choix. Soit il nous écoute et veut que les choses se passent mieux socialement, avec une véritable concertation —auquel cas tout peut bien se passer. Soit ce n’est pas le cas et il y aura des tensions.

Propos recueillis par Florence Morel

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