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ALERTE / Au travail, les salariés inégaux face à la pollution de l’air

Publiée le 13/02/2017

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La pollution, ce n’est pas que dans la rue. Près d’un salarié sur trois respire des fumées ou des poussières sur son lieu de travail. Moins le travailleur est qualifié, plus le risque augmente. Et les écarts en fonction du milieu social tendent à se creuser.

Les épisodes de pollution aux microparticules se multiplient dans l’Hexagone, entraînant une série de mesures préventives. Loin des stations de surveillance de la qualité de l’air, la pollution sévit aussi dans l’environnement professionnel. C’est au travail que les inégalités en matière d’exposition sont les plus grandes, bien avant le lieu de vie, selon une étude de l’Observatoire des inégalités publiée en septembre 2016.

Se basant sur des chiffres du ministère du Travail, elle rappelle que près d’un salarié sur trois respire des fumées ou des poussières, près d’un tiers est en contact avec des produits dangereux, près d’un sur cinq (16 %) subit un bruit intense (données de 2013), et un sur dix est exposé à au moins un produit cancérogène (données de 2010).
Le milieu social détermine une grande part de la pollution ainsi subie, explique l’étude. Les travailleurs les moins qualifiés, les jeunes et les précaires sont les premiers à subir ces nuisances. Les deux tiers des ouvriers déclarent respirer des fumées ou des poussières sur leur lieu de travail, contre seulement 11 % des cadres et 14 % des employés administratifs. Le bruit intense touche 38 % des ouvriers contre 7 % des cadres. Quant au contact avec des produits dangereux, cela concerne la moitié des ouvriers contre 5 % des agents administratifs et 13 % des cadres. L’écart est encore plus élevé pour l’exposition aux produits cancérogènes : elle concerne douze fois plus d’ouvriers qualifiés que de cadres.

L’environnement se détériore
L’Observatoire des inégalités constate aussi qu’hormis pour les poussières, l’environnement de travail s’est plutôt détérioré entre 2005 et 2013, essentiellement pour les travailleurs les moins qualifiés. En huit ans, la part des ouvriers exposés aux fumées et aux poussières a augmenté de deux points alors qu’elle diminuait d’autant pour les cadres. La hausse est de 3,4 points pour le contact avec des produits dangereux, contre 1 point pour les cadres.
Les salariés sont sous-informés par l’employeur et les effets ne se produisant sur la santé que vingt ou trente ans plus tard, les risques peuvent être sous-estimés, déplore Jean-Marie Branstett, de la fédération FO Construction. Il revendique notamment des documents uniques tenus à jour par les entreprises, ainsi qu’un inventaire de tous les produits dangereux présents sur le chantier avec des moyens pour se protéger et, le cas échéant, se décontaminer.

Gaz diesel : la protection des travailleurs part en fumée
La directive européenne de 2004 définissant les valeurs limites d’exposition des travailleurs à des substances cancérogènes est en cours de révision. Le 10 janvier, la Commission européenne a proposé de fixer des seuils contraignants pour seulement dix-huit substances.
Son engagement initial portait sur vingt-cinq substances en 2016 et cinquante en 2020. La Confédération européenne des syndicats déplore notamment l’absence de limites pour les fumées de diesel, reconnues cancérogènes depuis 2012 et auxquelles sont exposés 3 millions de travailleurs. Elle rappelle que le cancer d’origine professionnelle tue de 50 000 à 100 000 personnes par an dans l’UE.

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