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Le genre se révèle l’un des principaux facteurs de discrimination au travail

Publiée le 10/10/2016

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Plus d’un tiers des actifs occupés déclarent subir des comportements hostiles dans le cadre de leur travail. Les actifs salariés sont plus concernés que les autres : plus de deux fois plus. Les femmes doivent de surcroît faire face à des comportements sexistes.

Comportements méprisants, déni de reconnaissance du travail, atteintes dégradantes… Selon les résultats de l’enquête « Conditions de travail 2013 » publiés début septembre par le ministère du Travail, 35 % des actifs occupés (salariés ou pas) signalent avoir subi un comportement hostile dans l’exercice de leur activité professionnelle au cours des douze mois ayant précédé l’enquête. Les salariés sont de loin les plus touchés (37 % contre 16 % pour les non-salariés), constate l’étude.

« Les comportements hostiles interviennent plus souvent dans des contextes où l’organisation du travail est vécue comme défectueuse et favorise le sentiment de ne pas avoir les moyens de faire un travail de qualité », indique la Dares, précisant : « Des tensions qui prennent l’apparence de conflits interpersonnels sont donc souvent associées à des phénomènes organisationnels, constat utile pour orienter les politiques de prévention de ces comportements hostiles. »

Mais si les hommes sont presque autant concernés que les femmes (33 % contre 36 %) par les comportements hostiles, en revanche, plus d’une femme sur cinq (22 %) pense avoir dû affronter ce type d’attitude à cause de son sexe, contre moins d’un homme sur vingt (4 %). Sur la totalité des personnes interrogées, ce sont 8 % de femmes qui déclarent avoir subi des actes sexistes, contre 1 % des hommes. Le genre se révèle ainsi l’un des principaux facteurs de discrimination, après la profession et l’âge, évoqués par les personnes victimes de comportements hostiles au travail.

Les salariées de l’industrie particulièrement concernées
Les femmes salariées de l’industrie, et plus généralement celles dont l’emploi est plus fréquemment et traditionnellement occupé par un homme, sont les plus frappées par cette discrimination sexiste. Ce sont les cadres et celles qui ont un enfant de moins de trois ans à charge qui en souffrent le plus.
« Occuper un emploi ne correspondant pas aux stéréotypes sexués de la division du travail peut exposer les personnes concernées, hommes ou surtout femmes, à des moqueries ou à des discriminations à caractère sexiste », souligne la Dares, qui suggère : « Accroître la mixité des emplois pourrait donc contribuer à prévenir la survenue de ces comportements sexistes. »
Enfin, autre indication particulièrement significative : les femmes sont plus nombreuses à désigner le « déclassement » (« ma position professionnelle ne correspond pas à ma formation ») comme le fruit d’un comportement hostile.

Quelques clés :
L’enquête « Conditions de travail 2013 » réalisée par la Dares, contrairement aux précédentes, contient des questions permettant de mesurer les comportements hostiles à dimension sexiste. Les enquêtes conditions de travail sont organisées et exploitées par la Dares depuis 1978. Elles sont renouvelées tous les sept ans.
Les actifs occupés « au sens du BIT » comprennent les salariés, mais aussi les personnes à leur compte, les employeurs ou aides bénévoles dans l’entreprise ou l’exploitation familiale.

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