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Jean-Claude Mailly : « On arrive au bout d’un système »

Publiée le 12/09/2016

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« Sa vraie rentrée, c’était hier. Après un meeting à Nantes, mercredi soir, en compagnie de la CGT et des syndicats étudiants mobilisés contre la loi Travail, Jean-Claude Mailly était hier à Marseille. "C’est une habitude", sourit le secrétaire général de Force Ouvrière. » LaProvence.com le 9 septembre 2016

La rentrée politique se fait sur l’identité et la sécurité. Le social est absent. Inquiet ?
Jean-Claude Mailly : Oui, ça m’inquiète. Je ne dis pas qu’identité et sécurité ne sont pas des problèmes. Mais on en fait trop. Beaucoup trop sur le burkini par exemple. Pendant ce temps, on ne parle pas de l’économie et du social. Ce sont pourtant des questions clés. Même si, comme toujours, FO ne donnera aucune consigne de vote, je rencontrerai tous les candidats à la présidentielle.

Emmanuel Macron a-t-il les atours d’un candidat crédible ?
J-C.M. : Quand il était ministre, j’ai eu le sentiment qu’il était plus préoccupé par son mouvement « En marche » que par ses dossiers. Par deux fois, il a annulé des rendez-vous avec moi. Il a plus influé quand il était au cabinet de Hollande qu’en tant que ministre. Sur le pacte de responsabilité ou les licenciements économiques, il était derrière.

Vous faites votre rentrée en vous affichant avec le leader de la CGT. Est-ce pour signifier votre position contestataire à l’égard du gouvernement ?
J-C.M. : Pas du tout. J’ai entendu Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS, dire que mes prédécesseurs doivent se retourner dans leur tombe parce que je vais à la Fête de l’Humanité. Qu’il se mêle de ses oignons. Et Jaurès ? Ne se retourne-t-il pas dans sa tombe avec la loi Travail ? On garde notre indépendance. Sur la loi Travail, le président et le gouvernement ont fait un ratage complet. Sur la méthode, en passant en force à coups de 49-3 sur un projet minoritaire. Chez les salariés, dans le patronat, politiquement et dans l’opinion. Et sur le fond aussi.

Pensez-vous pouvoir changer une loi promulguée ?
J-C.M. : Non, mais on peut encore influer sur 134 décrets d’application. Il y a quatre voies de recours possibles, par le Conseil constitutionnel, les salariés, l’Europe et l’Organisation internationale du travail. Si le projet de loi n’est pas le même qu’au départ, je l’attribue aux mouvements sociaux. Après, le président de la République m’a dit qu’il avait un accord avec la CFDT. Force Ouvrière est une organisation réformiste. On se bat. Je n’ai jamais coupé les ponts. Le dossier n’est pas terminé. Un chantier de deux ans s’ouvre sur la réécriture du code du Travail. On va continuer à être ce chewing-gum qui colle aux baskets du gouvernement.

En manifestant, encore ?
J-C.M. : Il y aura une journée d’action le 15 septembre. Il y aura moins de monde, on le sait. On ne va pas insister, mais se battre autrement, juridiquement et par des veilles. Depuis quatre ans, je dis que ces logiques d’austérité sont suicidaires, y compris démocratiquement. Elles provoquent un sentiment d’abandon et ouvrent la porte aux populistes et aux identitaires partout en Europe.

Y a-t-il une nécessité de recomposition politique ?
J-C.M. : Je quitte ma casquette de secrétaire général un instant. On a un problème constitutionnel lié au quinquennat. Il donne le sentiment, en liant le président de la République et son Premier ministre, qu’il y en a un de trop. Il manque aussi une dose de proportionnelle dans ce pays. On arrive au bout d’un système.

Propos recueillis par François Tonneau du journal La Provence du 9 09 2016

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