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Privatisation : les aéroports de Lyon et Nice bientôt vendus

Publiée le 25/07/2016

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Il y a d’abord eu Toulouse-Blagnac. Il y aura bientôt Nice-Côte d’Azur et Lyon-Saint-Exupéry. D’autres peut-être suivront… Les ventes par l’Etat de ses parts dans les aéroports de province battent leur plein.

En finalisant l’été dernier la vente de 49.9% de ses parts dans l’aéroport de Toulouse à un consortium chinois, l’Etat a empoché 308 millions. Autorisée par la loi de décentralisation de 2005, cette opération de vente, dont une partie du produit est allé au désendettement, n’était que le début d’un mouvement de désengagement de l’Etat des aéroports régionaux.

Les deux nouvelles plateformes aéroportuaires ouvertes à la privatisation sont Nice (3e aéroport de France/12 millions de passagers en 2015) et Lyon (4eaéroport/8.7 millions de passagers).

La vente de ces deux sites était prévue par la loi Macron via l’article sur la « privatisation des sociétés de gestion des aéroports de Nice et Lyon ».

Résultat des courses en août
Jusque-là actionnaire majoritaire sur ces deux aéroports, l’Etat compte donc se séparer des 60% des parts qu’il détient dans ces deux sites.
A Nice comme à Lyon, les chambres de commerce et d’industrie détiennent elles 25% de parts. Les collectivités territoriales (régions, départements, métropoles…) détiennent 15% des parts dans ces deux aéroports.
Lancée le 10 mars, la vente de Nice et Lyon pourrait rapporter à l’Etat aux alentours de 1.6 milliards d’euros estiment les spécialistes.
Ces derniers se montrent d’ailleurs inquiets des montants d’offres de rachat présentés par les candidats, lesquels gonflent la valorisation de ces deux entreprises jusqu’à treize à quatorze fois leur EBITDA (indice d’évaluation du bénéfice d’une entreprise avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement).
Début juillet, les candidats au rachat de ces aéroports ont déposé leurs offres fermes. Les sociétés qui seront retenues devraient être connues en août.

Des multinationales à la fête
Ces derniers mois, une quinzaine de candidats s’étaient montrés intéressés par le rachat des parts de l’Etat à Nice et à Lyon.
Parmi ces groupes, le géant Vinci, l’assureur Allianz allié à un fonds américain, un fonds de pension canadien allié au gestionnaire de l’aéroport de Zurich, le groupe turc Limak (BTP, énergie, tourisme…), Aéroports de Paris (ADP), la société d’investissement Ardian, la société espagnole Ferrovial…
Désormais, tant pour Nice que pour Lyon, le nombre de candidats a diminué.
A Nice, deux candidats resteraient en lice : Vinci associé à la Caisse des dépôts et à l’assureur Predica/Crédit agricole face au groupe italien Atlantia associé à EDF Invest.
A Lyon, l’Etat a retenu deux des six offres déposées. On retrouve ainsi en lice le groupe Vinci face au groupe australien Macquarie associé au fonds de pension de la famille Peugeot.

La recherche d’une rentabilité rapide
Quels que soient le ou les gagnants de ces deux marchés, cette privatisation partielle des aéroports - menée techniquement par l’Agence des participations de l’Etat - conduit certains tels les représentants des collectivités locales à s’inquiéter.
Ils évoquent notamment les risques pour la qualité de la sécurité des sites aéroportuaires ou encore s’inquiètent du futur mode de gestion des deux aéroports et des conséquences - positives ou non - que ces privatisations auront sur les économies régionales.
Dans le cadre de ces ventes, si les pistes des aéroports et les terrains des sites restent dans le giron de l’Etat, le droit d’exploitation (des zones commerciales, parkings, bagages…) des sites sera en revanche acquis par les futurs actionnaires majoritaires privés.
Or, en général, les actionnaires privés cherchent à multiplier les bénéfices pour rentabiliser leurs investissements…

Dans l’attente de la position de l’Etat
L’aéroport de Toulouse en fait déjà l’amère expérience, un an seulement après la vente de la plateforme au consortium chinois Symbiose associé à un groupe canadien.
L’actionnaire majoritaire chinois de l’aéroport a en effet décidé récemment de verser 50 millions d’euros de dividendes aux actionnaires de la Société de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (SATB) dont il a pris le contrôle en rachetant 49.9% des parts de l’Etat. Ce dernier détenait auparavant 60% de la SATB.
Face aux protestations des collectivités territoriales et de la CCI de Toulouse, le consortium accepterait de ne verser « que » 20 millions. C’est encore trop s’insurgent les collectivités rappelant qu’avant la privatisation seule la moitié des gains annuels (cinq millions d’euros) étaient redistribués. Le reste allait à l’investissement.
Le consortium chinois semble prêt, lui, à puiser dans le bas de laine de l’aéroport pour conforter ses dividendes. Alors que l’Etat détient encore 10.1% de parts à Toulouse, les collectivités (département, région, Toulouse métropole) et la CCI attendent désormais qu’il fasse connaître sa position dans cette affaire.
A eux trois ces actionnaires détiennent encore en effet 50.1% des parts de l’aéroport… Ce ne sera pas le cas à Nice ou Lyon.

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