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Mesures anti-syndicales en Grande-Bretagne : le fantôme de Margaret Thatcher resurgit

Publiée le 23/07/2015

Reconduit aux élections générales de mai dernier, le gouvernement conservateur avait annoncé une nouvelle législation sur le droit de grève et le financement des syndicats. Un projet de loi a été présenté le 15 juillet par le Premier ministre. Pour le quotidienThe Guardian, il s’agit des mesures les plus répressives prises à l’encontre des syndicats depuis 30 ans, donc depuis Margaret Thatcher.

La nouvelle législation entrainera de nouvelles restrictions au droit de grève, alors que celui-ci est déjà très encadré outre-manche. Une consultation est déjà nécessaire. Aujourd’hui, une grève peut avoir lieu si une majorité de salariés vote en faveur du mouvement même si une minorité d’entre eux participe à la consultation.

Désormais, pour déclencher une grève, au moins 50% des travailleurs devront participer au vote. Condition supplémentaire dans une grande partie des services publics (santé, éducation, transport, eau, énergie, police, sapeurs-pompiers), une grève ne pourra être engagée que si elle est approuvée par au moins 40% des salariés (en incluant ceux qui ne prendraient pas part au vote ou s’abstiendraient). Le seuil est de 25% dans les autres secteurs.

Le projet de loi prévoit en outre un préavis de quatorze jours qui devra être présenté à l’employeur. Celui-ci aura le temps de casser la grève en recourant à des intérimaires pour remplacer les salariés grévistes !

La présentation du texte intervient quelques jours après qu’une grève massive (approuvée par 97% des votants) a paralysé le métro de Londres. Les revendications portaient sur des augmentations salariales, notamment pour les conducteurs du futur service de nuit. Il est prévu que le métro londonien circule toute la nuit les week-ends à partir du mois de septembre.

La secrétaire général du TUC France O’Grady a dénoncé ce projet qualifié d’injuste, inutile et anti-démocratique. Dans une tribune publiée sur le bloghttp://touchstoneblog.org.uk elle dénonce une attaque contre les droits des travailleurs et les libertés. Organiser une grève deviendra quasiment impossible déséquilibrant complètement le rapport de force dans la négociation collective en privant les travailleurs de la possibilité de recourir à la grève. Le TUC s’oppose fermement à ces propositions.

De son côté, la fédération européenne Uni-Europa a diffusé une lettre ouverte signée de son secrétaire général Philip Jennings. Uni-Europa considère que ces propositions sont les plus anti-syndicales depuis celles prises par Augusto Pinochet dans les années 80. Le Chili prévoit précisément de supprimer les dispositions héritées de la dictature permettant le remplacement des salariés grévistes.

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