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Emploi : l’herbe est-elle vraiment plus verte ailleurs ?

Publiée le 27/05/2015

À en croire les taux de chômage affichés par certains États européens, la crise serait derrière eux, qui plus est grâce à l’austérité. À un détail près : la précarité explose dans ces mêmes pays.

En 2013 déjà, l’Organisation internationale du travail (OIT) alertait contre « des mesures d’austérité et des réformes structurelles qui ne traitent pas les causes profondes de la crise ». Il manquait alors 30 millions d’emplois dans le monde pour retrouver le niveau d’avant la crise et l’Europe à elle toute seule comptait 26,5 millions de chômeurs, soit 10 millions de plus qu’en 2008.

Deux ans plus tard, qu’en est-il ? Eurostat, l’office des statistiques de l’Union européenne, affiche une baisse du nombre de chômeurs à 23,7 millions. Il ne lui manquerait donc plus « que » 7 millions d’emplois pour revenir à la situation d’avant la crise. On reste très loin du compte. Par ailleurs, plusieurs pays se vantent de bons, voire très bons résultats. Le Royaume-Uni a ramené son taux de chômage à 5,5 % (5,1 % en 2007). Mieux, l’Allemagne l’a fait chuter de plus de 3 % (4,7 % contre 8 % avant la crise).

En réalité, l’Allemagne et le Royaume-Uni font partie des quatre États membres de l’UE (avec l’Espagne et l’Italie) où la pauvreté a le plus augmenté.

Des « minis-jobs » allemands aux « contrats zéro heure » britanniques
L’Allemagne, chantre de l’austérité budgétaire et précurseur en la matière dès 2005, compte aujourd’hui 12,5 millions de pauvres, dont environ 5,5 millions de salariés (source : OCDE) employés à ces « mini-jobs », payés moins de 450 euros par mois, qui permettent d’alléger les statistiques du chômage. Le nombre de salariés à temps partiel a augmenté de 5 % entre 2003 et 2013 et dans le même temps la proportion de ceux contraints d’avoir un deuxième emploi pour pouvoir boucler les fins de mois a pratiquement doublé, passant de 2,5 % à 4,8 % (source : Eurostat).

Quant au Royaume-Uni, les « contrats zéro heure », encouragés par le gouvernement britannique, y font fureur. Aussi appelés « on call » (sur appel), ils ne comportent pas de durée du travail minimale. Le salarié doit demeurer disponible pour n’être appelé qu’en cas de besoin et il n’est rémunéré que pour les heures effectivement travaillées. Depuis 2012, le demandeur d’emploi qui refuse ce type de travail perd ses indemnités. On comptait plus de 1,4 million de ces contrats fin 2013, soit… 137 % de plus qu’un an plus tôt ! (source : Office national des statistiques britannique). Ils concernent tous les types d’emplois, y compris les plus qualifiés. À noter aussi que, contrairement à ce qui se fait par exemple en France, seuls les demandeurs d’emploi indemnisés sont comptabilisés, ce qui permet d’exclure des statistiques les chômeurs de longue durée… Sachant que la durée d’indemnisation n’excède pas six mois outre-Manche.

Décryptage : Les mini-jobs en Allemagne, à quel prix ?
Selon la Hans Böckler Stiftung, fondation des organisations syndicales allemandes, en 2012 19,2 % des salariés allemands, soit plus de 6,6 millions de personnes, percevaient une rémunération horaire inférieure à 8,5 euros. 11,7 % des salariés avaient une rémunération inférieure à 7 euros l’heure et 5 % des salariés, soit plus de 1,7 million de personnes, un salaire horaire de moins de 5 euros.

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