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Quand la surdité est sélective

Publiée le 20/05/2015

À l’occasion du 1er Mai 2015, Force Ouvrière, dans des meetings ou manifestations, a rappelé ses positions.

Nous avons également à nouveau souligné le sens du 1er Mai qui n’est pas la fête du travail (mise en place par Pétain), mais une journée de solidarité internationale et d’expression revendicative.

C’est pour cela qu’au-delà des commentaires, le 1er Mai doit demeurer ce qu’il est, sans sombrer dans l’ambiguïté, l’amalgame ou l’opportunisme.

Au titre des revendications, lors d’une rencontre en mars avec le président de la République, j’avais présenté celles de Force Ouvrière.

Si certaines d’entre elles ne relèvent pas de la logique économique gouvernementale, voire y sont opposées (augmentation du Smic et dégel du point d’indice dans la fonction publique par exemple), d’autres pouvaient rencontrer un écho.

Je pense en particulier à quatre d’entre elles :
• Calcul des exonérations de cotisations sociales patronales sur le minimum conventionnel là où il est inférieur au Smic ;
• Évaluation rapide de toutes les aides aux entreprises pour réorientation et reciblage ;
• Demande d’une négociation sur les relations donneurs d’ordres/sous-traitants, pour laquelle la CGPME a déjà donné son accord de principe ;
• Mise en place de « maisons du service public » en zones rurales, ce qui est différent des « maisons de services publics » version gouvernementale.

La veille du 1er Mai le président de la République m’a adressé une réponse.
Sur le premier point, dans l’immédiat, les pouvoirs publics n’entendent pas modifier les choses, notamment un décret de 2010 pris sous l’ancienne majorité. En quelque sorte, le président de la République est sur ce point sur la même longueur d’onde que son prédécesseur !
Sur le second point, un bilan du CICE sera fait mais l’esprit du pacte de responsabilité demeure.
Sur le troisième point, deux ministres (travail et économie) vont regarder le dossier.
Sur le quatrième, les pouvoirs publics en restent à leur vision des maisons de services publics qui, elles, présentent le risque de faciliter des fermetures et de transformer les statuts des agents là où nous demandons tout autre chose.
En quelque sorte une fin (certes polie) de non-recevoir.

Nous en prenons acte, mais nous maintenons bien entendu l’intégralité de nos positions et revendications.

Force est de reconnaître que le cahier revendicatif du Medef a meilleure presse. C’est une question de choix, qui n’est pas sans conséquences sociales, économiques et démocratiques.

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