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Areva : l’emploi sévèrement touché

Publiée le 12/05/2015

Le groupe nucléaire Areva a annoncé le 7 mai la suppression prochaine de 5 000 à 6 000 emplois dans le monde, dont 3 000 à 4 000 en France. Après avoir enregistré une perte record de 4,8 milliards d’euros l’an dernier, la multinationale, forte de 44 000 salariés dans le monde dont 29 000 salariés en France, avait fait part de sa volonté de réduire ses coûts de 1 milliard d’euros par an.

Le spécialiste du nucléaire, détenu à près de 87 % par des capitaux publics, a indiqué que le plan de redressement comprendrait des suppressions d’emplois, des mesures de réorganisation du travail, de la mobilité interne et des modérations de rémunération, et précisé que le chiffre exact des suppressions de postes dépendra des négociations avec les syndicats. La direction estime que son plan est nécessaire pour assurer les investissements et le développement d’Areva. Les syndicats, dont FO, dénoncent « les efforts demandés aux seuls salariés sans ouvrir aucune perspective sur le maintien de la filière ».

« Tout le monde se focalise sur les dettes et sur le manque de capitaux, sans regarder le potentiel de l’entreprise, déplore Éric Devy, délégué syndical central FO. N’oublions pas qu’Areva a fait 735 millions d’excédent brut d’exploitation en 2014. »

L’union syndicale FO des syndicats de l’Énergie nucléaire, de la recherche et des activités connexes a condamné le 7 mai les annonces de la direction d’Areva, cela alors que « le gouvernement n’a pas encore annoncé la nouvelle organisation du groupe ». Le plan de financement d’Areva, qui devrait reposer sur un rapprochement avec l’électricien public EDF, n’a toujours pas été dévoilé. Les discussions sont en cours, notamment avec l’État, et deux scénarios sont en lice : une cession totale de la filiale Areva NP (ingénierie et réacteurs) à EDF ou une cession partielle de la seule ingénierie à l’opérateur public. La Fédération FO de la Métallurgie a immédiatement déploré l’absence de stratégie industrielle et dénoncé que seuls les enjeux financiers semblent guider les choix des dirigeants de l’entreprise et de l’État français. La Fédération FO Énergie et Mines a dit, pour sa part, son désaccord d’une participation d’EDF au sein du capital d’Areva, estimant que les problèmes financiers rencontrés par le géant du nucléaire n’étaient dus « ni à son personnel, ni à EDF », mais à une « attitude défaillante de l’État ».

La confédération FO avait estimé fin avril qu’il était « de la responsabilité de l’État de financer une recapitalisation d’Areva.

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