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La quasi-suppression du redoublement fait débat

Le gouvernement veut rendre le redoublement exceptionnel dès la rentrée 2015, estimant qu’il coûte très cher pour une utilité contestée. FO dénonce une mesure strictement économique et exige que le dernier mot soit laissé aux enseignants.

Publiée le 17/11/2014

En 2012, 28 % des élèves français âgés de 15 ans avaient déjà redoublé au moins une fois. Pour se rapprocher de la moyenne européenne (12 %), le gouvernement voudrait rendre le redoublement exceptionnel dès la rentrée 2015. Il sera autorisé à la suite d’ une longue absence, par exemple pour maladie, mais pas pour des difficultés scolaires. Et l’accord de la famille sera obligatoire.

Cette mesure fait l’objet d’un projet de décret en cours d’examen au Conseil d’État. Ce texte, qui doit fixer les modalités d’application de l’article 37 de la loi Peillon de 2013 sur la refondation de l’École, doit notamment détailler les mesures alternatives à mettre en place pour les élèves en difficulté. Le suivi individualisé ou des cours de rattrapage durant les vacances sont des pistes évoquées.

La suppression du redoublement fait débat depuis des années en France. Totalement interdit en Norvège ou au Japon, il est impossible durant les premières années du primaire dans un tiers des pays d’Europe (Allemagne, Pologne…).
« Au mieux, le redoublement n’a pas d’effet », estimait en août dernier le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO). Selon ce nouvel organisme indépendant, passer deux ans dans la même classe n’améliore pas les compétences et pourrait même être nocif pour la confiance en soi. Quant à l’OCDE, elle a pointé dans différentes études son coût élevé pour les pays.

Une économie estimée à 1,6 milliard d’euros
La fédération des enseignants FNEC FP FO, qui avait voté contre le projet de décret au Conseil supérieur de l’éducation en juillet dernier, dénonce la motivation avant tout économique de cette réforme, qui pourrait aboutir à une suppression de 6 500 postes d’enseignants, soit 1,6 milliard d’euros d’économisés.

Elle rappelle qu’un suivi personnalisé ne sera pas possible alors que, faute de dotations suffisantes, le nombre d’élèves par classe explose et que le manque de remplaçants est dramatique. Pour FO, c’est aux enseignants, chefs d’établissement et aux conseils de classe de décider au cas par cas de l’utilité du redoublement.

« Il faut arrêter de penser que les profs sont malveillants, insiste Clément Poullet, secrétaire fédéral à la FNEC FP FO. Si un élève de CE2 qui ne sait ni lire ni écrire ne redouble pas, on en fait un décrocheur. Un prof tout seul dans une classe de 35 élèves au niveau hétérogène ne pourra pas les suivre individuellement. On risque un nivellement par le bas et une baisse du niveau des exigences. »

L’action
Le SNUDI FO (professeurs des écoles) organise, le 19 novembre à Paris, avec la FNEC FP FO (enseignants) et la FSPS FO (territoriaux), une conférence nationale pour dresser un état des lieux des méfaits de la réforme de l’École. Les délégués débattront aussi des initiatives à prendre pour mettre fin à la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires. Ce même jour, une délégation se rendra au ministère de l’Éducation nationale pour demander l’abrogation des décrets Peillon et Hamon.

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