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Double peine salariale pour les mères du privé

Publiée le 27/10/2014

De manière inédite en France, une étude compare l’impact salarial de la maternité dans les secteurs public et privé. Les salariées du privé et mères d’au moins deux enfants sont les grandes perdantes.

Mieux vaut travailler dans le secteur public plutôt que dans le secteur privé lorsque l’on veut devenir mère, continuer à travailler et ne pas subir une trop grande perte salariale. C’est ce que révèle une récente étude publiée par le Centre d’études de l’emploi. Ce travail inédit en France et mené par deux chercheurs a le mérite de son originalité. Il compare « l’impact salarial de la maternité » selon que la salariée travaille dans le public ou dans le privé. Différentes enquêtes internationales avaient certes déjà évoqué le phénomène de family wage gap, soit l’écart salarial existant entre les salariées ayant des enfants et celles n’en ayant pas. Cet écart est à la défaveur des mères de famille. Il varie ainsi de 5 à 7 % en Scandinavie, de 16 à 26 % en Allemagne. Quels que soient les pays – y compris en France –, les mêmes facteurs expliquent l’écart de salaire. Les interruptions de carrière à la naissance d’un enfant, ou encore l’aménagement contraint des conditions de travail (horaires, transports, lieu de travail…) pour conjuguer vie familiale et professionnelle, amènent les salariées à un amoindrissement de leur expérience professionnelle, souvent à un déficit d’ancienneté dans l’entreprise et, au final, à une rémunération plus faible.

Qu’en est-il de la perte de salaire lorsque les salariées avec enfants travaillent dans le privé ou le public ? Dans les deux cas, c’est à partir de deux enfants que l’écart de salaire se creuse entre les femmes avec enfants et celles qui n’en ont pas. Cette différence est moins prononcée toutefois dans le secteur public qui dispose davantage de « mesures de conciliation », tels les systèmes de garde ou la possibilité plus accessible de travailler à temps partiel. Cette mesure, utilisée par une femme sur cinq dans le public, contre seulement une sur dix dans le privé, peut toutefois « avoir un effet pervers en ayant un impact négatif sur le niveau de salaire ».

À partir de deux enfants, le salaire chute
Plus largement, relève l’étude, le déficit de mesures de conciliation dans le privé oblige les femmes à devoir interrompre leur carrière, particulièrement à partir de la deuxième maternité. Cela a des conséquences sur le salaire.

Dans le public, comparée à une femme sans enfant, une mère de deux enfants touchera un salaire mensuel moyen inférieur de 6 %. Avec le même nombre d’enfants, une femme travaillant dans le secteur privé gagnera près de 12 % de moins. Avec trois enfants ou davantage, l’écart se creuse encore et atteint 16 % de perte de salaire dans le public et près de 25 % dans le privé. 

Quelques chiffres :
7 % des femmes interrompent leur carrière à la naissance de leur premier enfant dans le public ; elles sont 11,3 % dans le privé.
2,8 années dans le public et 3,4 années dans le privé : c’est la durée d’interruption de carrière pour les femmes après une troisième naissance.
20,8 % des salariées du public sont à temps partiel après une deuxième naissance contre 9,7 % dans le privé.

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