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Service Public : un facteur aggravant de la fracture territoriale

Publiée le 08/10/2014

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L’ouvrage de la Confédération "Il faut sauver le service public" est publié alors que les nombreux plans de réorganisation et de réduction de l’administration sur les territoires ces dernières années ont mis au jour des fractures territoriales de plus en plus béantes.

Face à la volonté du gouvernement d’instaurer une réforme territoriale visant, sous couvert d’économies, à mutualiser encore davantage de services sur des zones géographiques toujours plus étendues, les Français semblent dubitatifs. Un récent sondage de TNS Sofres intitulé « Les Français à la veille de la réforme territoriale » montre qu’à la question : « Et, selon vous, ce projet de réforme […] aura-t-il pour conséquence de diminuer ou d’accroître les inégalités territoriales ? », les plus nombreux, 32 %, considèrent que la réforme prévue aggravera ces inégalités. Et ils sont encore plus nombreux, 37 %, chez les catégories sociales les moins favorisées. Pour les sondés, l’État reste le meilleur échelon pour agir sur les questions d’éducation, de croissance économique, d’emploi et de protection sociale.

« La nouvelle fracture territoriale »
Laurent Davezies, titulaire de la chaire « Économie et développement des territoires » au Conservatoire national des arts et métiers, indiquait dans son ouvrage La crise qui vient, la nouvelle fracture territoriale, paru en 2012, que l’essentiel des transferts de richesses entre territoires repose plus sur les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques que sur les politiques d’aménagement. Or la baisse des dépenses publiques a pour principale conséquence de fragiliser encore davantage les régions les plus en difficulté : « Nous allons assister à la rétractation de ce qui a été le principal mécanisme de réduction des inégalités territoriales par le passé : les dépenses publiques et sociales », explique le chercheur, qui conclut : « Aujourd’hui, la fracture territoriale existe bel et bien, et elle menace de devenir un gouffre. À force de crier au loup, il a fini par arriver. »

Extrait
Joigny, exemple de ville sacrifiée
Faut-il voir dans Joigny le futur visage des communes de demain ? La sous-préfecture de l’Yonne vient d’être classée « ville pauvre ». Comment en est-on arrivé là ? La suppression de services publics a fait perdre 14 % de sa population à la ville entre 2004 et 2010. La maternité et le service de chirurgie de l’hôpital ont été supprimés. La RGPP entraînant ensuite la fermeture des tribunaux de commerce et d’instance et le transfert du 28egroupe géographique des armées. Puis c’est à EDF et GDF, à l’Assurance maladie, à la trésorerie, à la gendarmerie et à Pôle emploi que des postes ont disparu. Joigny compte aujourd’hui 10 400 habitants, son centre-ville a perdu 30 % d’activités.

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