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Pouvoir d’achat : le niveau de vie des Retraités s’effrite

Publiée le 18/08/2014

Au fil de réformes et de décisions budgétaires organisant la réduction des dépenses publiques, les pensionnés voient leur pouvoir d’achat se contracter. Les plus modestes peinent à assurer les dépenses incompressibles du quotidien. Certains sont contraints de retravailler. Quant-à ceux qui bénéficient d’un niveau de retraite a priori plus confortable, ils doivent eux aussi se serrer la ceinture et parfois sévèrement.

Le niveau de vie des retraités s’est-il amélioré ? À l’évidence si on le compare à celui des seniors du début du XXe siècle ou pire à ce qui se passait dans les siècles précédents pour les vieux travailleurs, menacés d’indigence. Il faudra attendre le modèle actuel de protection sociale acté par les ordonnances de 1944 et 1945 pour que se mette progressivement en place le système de retraite par répartition établi sur le concept de solidarité entre les générations. Objectif : garantir aux seniors un revenu de remplacement à leur salaire pour qu’ils vivent dignement. Ce système « a bien joué son rôle » indique Didier Hotte pour les retraités FO (UCR-FO). Le niveau de vie des retraités s’est en effet amélioré au fil des années. Ainsi « d’un niveau initialement élevé, le taux de pauvreté des seniors a fortement baissé entre 1970 et 1996, avant de se stabiliser depuis », indique la DREES (ministère des Affaires sociales). Actuellement toutefois, la tendance s’inverse. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) relève dans son rapport 2014 que « les pensions nettes ont diminué de 0,1% en moyenne annuelle entre 2006 et 2011 pour les personnes déjà retraitées ». Sur dix ans, de 2001 à 2011, cette baisse des pensions varie de 0,13% à 0,29% pour les retraités du secteur privé, qu’ils soient cadres ou non cadres, qu’ils soient ou non assujettis à la CSG (6,6% depuis 2005 contre 6,2% en 2004) ou exonérés. Par ailleurs, une pauvreté plus profonde tend à se développer chez les retraités. Et cela pourrait être plus visible encore...

Sous le seuil de pauvreté
« Le relèvement du barème du minimum vieillesse pour les personnes seules a pu contribuer à la baisse du taux de pauvreté des retraités observée globalement en 2011 », indique ainsi le COR. Ce minimum, devenu ASPA (allo- cation de solidarité aux personnes âgées) en 2006 est d’un montant de 792 euros/mois pour une personne seule (de plus de 65 ans) depuis sa revalorisation de 0,6% en avril dernier. Près de 600 000 personnes reçoivent cette allocation dont le montant se situe sous le seuil de pauvreté évalué à 977euros/mois. Malgré tout explique la DREES « depuis plus de quarante ans, le pouvoir d’achat du minimum vieillesse a progressé singulièrement plus vite que celui de la moyenne des pensions ». Cela n’est peut-être pas étranger au fait que parmi les 15,3 millions de retraités, on compte près de 11% de retraités pauvres, soit près de deux millions de personnes âgées. Les femmes sont particulièrement concernées. Les inégalités salariales, notamment, se répercutent aussi sur le niveau des retraites. Les femmes retraitées perçoivent ainsi une retraite évaluée à 72% de celles des hommes. En 2011, si le montant mensuel moyen brut par retraité (tous régi- mes de retraite confondus) s’élève à 1256 euros... Le montant moyen de la retraite d’un homme est de 1603 euros quand celui d’une femme est de 932 euros. Plus largement, décidé dans le cadre du plan d’économies de 50 milliards le gel jusqu’en octobre 2015 de la revalorisation (liée à l’inflation) des pensions supérieures à 1200 euros brut va encore dégrader le pouvoir d’achat des seniors. Pour cette année, les retraites complémentaires ARCCO (salariés) et AGIRC (cadres) ne seront pas non plus revalorisées.

Vous avez dit « nantis » ?
Le 3 juin dernier, Les retraités ont organisé une journée de protestation et manifesté leur colère à Paris et en province, notamment à l’appel de FO. Pour le ministère des Affaires sociales, il y aurait toutefois « les moins de 1200 euros et les autres, les nantis ! » selon l’expression lancée par le conseiller de la ministre, Mme Marisol Touraine, le 3 juin dernier en recevant les syndicats, dont FO... Aux yeux de certains, les retraités ont un niveau de vie plus favorable à beaucoup d’actifs. Le COR souligne ainsi que 75% des retraités sont propriétaire de leur logement contre 60% des actifs. En 2013, le rapport Moreau (membre du Conseil d’État) avait théorisé sur ce paramètre. Selon lui, le retraité bénéficierait sur son niveau de vie de la notion de « loyer imputé », soit le gain financier pour un propriétaire de ne pas avoir à verser de loyer pour un bien qu’il a acquis définitement. En intégrant ce paramètre, le niveau de vie des retraités est supérieur de 1% à 2% à celui des actifs... Mais si c on écarte ce paramètre, le niveau de vie des retraités est inférieur de 15% à celui des actifs. Par ailleurs, si les retraités sont plus souvent propriétaires que les actifs, la valeur de leur patrimoine est inférieure à celui des actifs. Bref, les vieux travailleurs n’ont rien de nantis.

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