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La pêche sera la première Monnaie locale d’Ile-de-France

Publiée le 28/05/2014

Un différend avec la graphiste chargée de dessiner les billets a retardé le lancement de la pêche de quelques mois. Mais la future monnaie locale de Montreuil, et la première d’Île-de-France, devrait permettre d’acheter sa baguette ou son bouquet de fleurs d’ici quelques semaines.
Cette monnaie, dont le nom est lié aux traditions maraîchères de la ville, a été lancée par l’association « Montreuil en transition ». Cette structure, inscrite dans le mouvement mondial des « villes en transition », recherche des solutions locales de développement durable. Une dizaine de « pêchus » a créé une association spécifique pour gérer le projet.
Avant de pouvoir convertir leurs euros en pêches, les habitants comme les commerçants de la ville devront adhérer à l’association. Ils pourront ensuite se rendre à un comptoir de change et obtenir des billets de 1, 2, 5, 10, 20 ou 50 unités, à parité avec l’euro. « Ce sera comme une contremarque auprès d’une banque éthique, explique Dan-Charles Dahan, l’un des pêchus.
Pour 100 euros, le particulier recevra 100 pêches. Quatre-vingt-quinze euros seront déposés à la NEF, la société financière coopérative et solidaire qui garantit la valeur des fonds. Trois euros seront reversés à une association locale, choisie par l’adhérent parmi plusieurs propositions. Les deux euros restants nous sont reversés pour frais de gestion. »
Une fois le change effectué, les particuliers ne pourront plus reconvertir leurs pêches en euros. À eux d’inciter leurs commerçants à accepter la nouvelle monnaie. La reconversion en euros sera possible pour les professionnels, mais avec une commission de 5%. Ils récupéreront ainsi la somme garantie par la NEF. « Par ce prélèvement, ils subventionnent les associations locales, poursuit Dan-Charles Dahan. Et nous nous engageons à faire campagne pour que les gens aillent chez eux, c’est comme si la pêche était une super carte de fidélité. »
La monnaie n’étant pas encore en circulation, la plupart des habitants ignorent le projet en gestation et seule une dizaine de commerçants se sont pour l’instant montrés intéressés. Beaucoup attendent un premier bilan avant de s’engager dans l’aventure.
Les supermarchés exclus
Sophie, fleuriste, est la première à avoir signé un accord définitif avec l’association. « Je n’ai pas eu à réfléchir, je développe déjà dans la boutique tous les arguments mis en avant par cette monnaie, s’enthousiasme-t-elle. Je suis dans les circuits courts puisque je travaille avec des horticulteurs de la région, je propose aussi des cartes postales ou du petit artisanat fait à Montreuil, je fais attention à ma consommation d’eau et d’énergie. Et avec la pêche, on va retrouver le sens premier du commerce, la création de lien social. »
Les grandes décisions concernant cette nouvelle monnaie sont prises de manière démocratique, entre l’association et les représentants des utilisateurs et des commerçants. Un point fait l’unanimité : pour adhérer, les professionnels doivent respecter une charte de développement durable.
« D’emblée, nous avons exclu les supermarchés, explique Charles-Dan Dahan. Pour les boutiques de grands réseaux en gérance, nous allons étudier les demandes au cas pas cas, en regardant si les gens sont prêts à changer leurs méthodes de fonctionnement. »
Quant à la municipalité, qui a tout à y gagner, elle a subventionné le projet à hauteur de 30 000 euros. « À Montreuil, il y a un esprit de ville particulier, avec beaucoup d’associations et de militants, et c’est la taille idéale pour lancer un tel projet, estime le pêchu. Une monnaie locale de confiance, c’est un moyen de soutenir l’économie du territoire. Ça crée aussi du lien et de la solidarité. Et c’est une forme d’éducation à ce qu’est l’argent. »

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