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Egalité professionnelle : Un long chemein reste à parcourir

Publiée le 04/03/2014

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Quatre-vingts militantes et militants FO du privé comme du public, venus des quatre coins de la France, ont participé, le 30 janvier, à la journée sur l’égalité professionnelle organisée comme chaque année par la Confédération.

Hasard du calendrier, la journée sur l’égalité professionnelle organisée par la confédération FO s’est déroulée deux jours après l’adoption en première lecture, à l’Assemblée nationale, du projet de loi «pour l’égalité entre les hommes et les femmes».

Si celui-ci contient des avancées, il ne règle pas tout et il reste un long chemin à parcourir, ont en substance souligné Jean-Claude Mailly et Anne Baltazar, Secrétaire confédérale (secteur économie sociale, égalité professionnelle et handicap). Premier constat dressé par cette dernière: «Les écarts de salaires entre hommes et femmes, de 27% à 28% en moyenne, ne se réduisent plus ou presque plus.»

«Plus d’un tiers des femmes salariées survivent aujourd’hui avec un contrat à temps partiel», a notamment rappelé le Secrétaire général. L’ANI (Accord national interprofessionnel) de janvier 2013 et la loi qui en a découlé n’ont fait qu’aggraver les choses en multipliant les possibilités de dérogations en la matière, a souligné Anne Baltazar. «L’inégalité salariale existe dans tous les pays d’Europe et malgré de nombreuses lois et le fait que l’Europe ait été porteuse d’égalité avec des premières directives qui remontent à 1970, il n’y a toujours pas d’égalité réelle», a de son côté indiqué France Sponem Perez, militante FO, présidente du Comité des femmes de la CES (Confédération européenne des syndicats).

Des classifications discriminantes

Autre source d’inégalité salariale sur laquelle les participants ont insisté: la conception actuelle des classifications dans les grilles conventionnelles.

Sarah Benichou, chargée de mission auprès du Défenseur des droits, a ainsi souligné la nécessité de prendre en compte la notion de travail de «valeur égale» pour rectifier le tir. Cela permettrait d’inclure l’ensemble des qualifications nécessaires à l’exercice d’un emploi dans la définition des classifications. La capacité à faire face à la charge nerveuse ou à résoudre des conflits devrait ainsi être tout autant reconnue que la force physique, ou encore la contribution directe au chiffre d’affaires de l’entreprise. La Cour de cassation est déjà allée dans ce sens à plusieurs reprises. Elle a par exemple donné raison en 2010 à une femme cadre qui, à classification égale, gagnait moins que ses collègues masculins, sous prétexte qu’elle était directrice des ressources humaines et eux directeurs... financiers et commerciaux. En réalité, le Code du travail a introduit cette notion de travail de valeur égale depuis 1983. En vertu de son article L.3221-4, «sont considérés comme ayant une valeur égale les travaux qui exigent des salariés un ensemble comparable de connaissances professionnelles consacrées par un titre, un diplôme ou une pratique professionnelle, de capacités découlant de l’expérience acquise, de responsabilités et de charge physique ou nerveuse». Mais dans les faits, a dénoncé Anne Baltazar, «c’est un vieux sujet qui a du mal à s’enclencher».

L’égalité doit aussi exister dans le syndicat

Les participants n’ont pas occulté le problème de la syndicalisation des femmes. La France compte 45% de salariées syndiquées, a rappelé Michelle Biaggi, Secrétaire confédérale (secteur Organisation). Mais elles sont encore bien trop peu nombreuses à prendre des responsabilités au sein de l’organisation syndicale, a-t-elle souligné, se basant sur un état des lieux chiffré de la confédération FO elle-même, avant d’annoncer la mise en place d’un groupe de travail composé de secrétaires d’unions départementales et de fédérations sur cette question.

La journée aura aussi été l’occasion d’aborder des problèmes comme la violence, le sexisme et l’homophobie sur le lieu de travail. «Pas moins de sept femmes meurent chaque jour en Europe sous les coups de leur compagnon et 40% à 50% des femmes ont subi des atteintes à leur intégrité physique sur leur lieu de travail», a rappelé France Sponem Perez. «Le sexisme et l’homophobie, c’est la même chose», a quant à elle expliqué Catherine Tripon, de la fondation FACE (Fondation agir contre l’exclusion), rappelant que 58% des homosexuels ont été victimes au moins une fois d’homophobie sur leur lieu de travail. «Très souvent, a-t-elle souligné, on n’est pas discriminant de manière volontaire. C’est le produit de notre histoire et il faut, pour parvenir à évoluer, un travail d’intelligence qui ne s’impose pas et qui demande du temps.» S’opposant à tout communautarisme, la dernière intervenante de la journée a en quelque sorte donné le mot de la fin en ces termes: «C’est aux hommes de défendre les femmes, comme aux Blancs de défendre les Noirs, aux Juifs de défendre les Arabes, aux hétérosexuels de défendre les homosexuels.»

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