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Faire reconnaitre le «BURN-OUT» ou «SYNDROME DE L’ÉPUISEMENT PROFESSIONNEL»

Publiée le 09/02/2014

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Une étude récente évalue à 3,2 millions de salariés le nombre d’actifs en risque élevé de syndrome d’épuisement professionnel, dit «burn-out», en France. Que recouvre cette pathologie, comment la prendre en charge ?

FO soutient l’appel initié par Technologia pour sa reconnaissance au tableau des maladies professionnelles.

Selon le cabinet Technologia, 12,6% des actifs français sont en risque élevé de «burn-out». Burn-out, le terme se généralise dans l’univers professionnel depuis quelques années. Il signifie littéralement «se consumer», «s’éteindre», à propos d’un feu, ou «s’épuiser» pour une personne. La traduction française de cet anglicisme est «le syndrome d’épuisement professionnel».

Faire supporter les coûts du burn-out par la branche maladies professionnelles

Pour le Docteur Agnès Martineau-Arbes, médecin du travail, les signes cliniques de la maladie, qu’il faut bien distinguer de la dépression, sont connus: «Il s’agit d’une spirale ascendante dont les premiers signes apparaissent au bout de six mois de stress professionnel. Il y a d’abord une phase de résistance, puis arrive la rupture, suivie de l’épuisement», explique-t-elle. L’étude menée par Technologia montre que les personnes concernées n’avaient pas d’antécédents d’affections psychiques et que ces pathologies ne concernent que la vie professionnelle. C’est en effet le travail qui envahit toute la vie personnelle, sociale et psychique des individus. La pathologie régresse avec l’éloignement de l’activité.

Si les signes cliniques de cet épuisement sont identifiés, tant que cette pathologie ne figure pas au tableau des maladies professionnelles, la faire reconnaître comme professionnelle reste particulièrement complexe: la maladie doit présenter une gravité justifiant une incapacité d’au moins 25% et, de plus, un lien «direct et essentiel» entre la pathologie et l’activité professionnelle doit être mis en évidence. C’est la Caisse primaire d’assurance-maladie qui est chargée d’établir cette reconnaissance, généralement à la suite de la saisine du Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. Or, tant la difficulté à réunir les critères que le renvoi de l’appréciation de la réalité d’une maladie à des comités régionaux rendent particulièrement hétérogènes d’éventuels critères réglementaires d’acceptabilité des demandes. Et au final, quelques dizaines de cas de pathologies psychiques sont aujourd’hui reconnus chaque année. «Le coût du burn-out est supporté par la Sécurité sociale et non par la branche accidents du travail-maladies professionnelles», souligne Jean-Claude Delgènes, le directeur général de Technologia.

Pourtant, d’autres pays européens reconnaissent les pathologies liées au surengagement ou à l’épuisement professionnel comme des maladies professionnelles.

En France, le Conseil d’orientation des conditions de travail (COCT), présidé par le ministre du Travail et réunissant des représentants des salariés et des employeurs, a mandaté un groupe de travail afin de préciser les contours de ce syndrome. Leur conclusion, le burn-out est à la frontière de trois pathologies précises: la dépression d’épuisement professionnel, l’état de stress répété conduisant à une situation traumatique et l’anxiété généralisée.

C’est pourquoi un appel initié par Technologia, et que la Confédération soutient, demande aux organismes de Sécurité sociale la reconnaissance de trois nouveaux tableaux de maladies professionnelles liées à l’épuisement, correspondant aux trois pathologies identifiées par le groupe de travail du COCT.

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