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Un mois après la rentrée scolaire, rythmes scolaires : enseignants, parents et enfants craquent !

Publiée le 14/10/2013

Vincent Peillon a beau parler du «grand succès» de sa réforme, le retour à la semaine de quatre jours et demi dans le primaire provoque un désordre plus fort que tous les pronostics.

Ces derniers temps, les rythmes scolaires de Vincent Peillon font les gros titres des journaux.
«Le grand bazar» pour Le Parisien; Le Courrier de l’Ouest demande : «Couacs ou désorganisation ?», et Ouest France interroge : «Suspension ou ajustement ?»
Si, sur ce même sujet, Le Point va jusqu’à titrer «C’est le chaos !», le magazine Elle consacre deux pages à faire parler des élèves parisiens. L’article se conclut par cette phrase d’un enfant de CE2 : «On n’a plus de temps libre. Moi, je veux que ma maîtresse dise que je suis en colère.»

Pourtant, le ministre savait. La mobilisation des enseignants, des parents d’élèves, mais aussi des élus contre le décret du 24 janvier 2013 aurait dû le faire réfléchir. Par deux fois, les 12 février et 28 mars, la Fédération FO de l’Enseignement (FNEC FP FO) a pris la responsabilité d’appeler à la grève nationale.

Cette année, la réforme ne s’applique que dans 17% des communes, les autres l’ayant repoussée à 2014. «La loi Peillon sur la refondation de l’école, comme la loi Ayrault sur les retraites, c’est l’austérité appliquée aux salariés et aux services publics», constate Hubert Raguin, Secrétaire général de la Fédération.

Aujourd’hui, les difficultés des uns nourrissent les craintes des autres. Ainsi, le 2 octobre, l’AMF, Association des maires de France, a demandé un rendez-vous en urgence avec le Premier ministre, «pour une remise à plat des modalités du financement de la réforme, dont le coût ne peut être supporté par les communes». L’AMF juge également que, pour celles qui l’ont reportée, «l’accélération du calendrier d’élaboration du projet d’organisation de la semaine scolaire et du projet éducatif territorial n’est pas acceptable».

Un an que FO prévient

Ce même 2 octobre, après le Conseil des ministres, une réunion sur les rythmes scolaires se tenait à l’Élysée, avec les ministres concernés. En sortant, Vincent Peillon s’est vanté du «grand succès» de sa «bonne réforme incontestée», tout en reconnaissant quelques «efforts» à faire. C’est en substance ce qu’il a répété à une délégation de la FNEC FP FO qu’il recevait rue de Grenelle ensuite, avant d’intervenir dans la soirée à la télévision. En sortant du ministère, Norbert Trichard, Secrétaire général du SNUDI FO, confiait: «Les dénégations du ministre ne sont pas acceptables, ce n’est pas comme cela qu’il résoudra les problèmes. Je rappelle que FO l’alerte depuis un an sur les dangers de sa réforme.»

Mais M. Peillon veut d’autant moins voir la réalité qu’en livrant les écoles aux collectivités territoriales et aux associations, la réforme des rythmes scolaires constitue le premier acte de sa loi dite de «refondation de l’école», qui met aussi les lycées et les collèges sous la tutelle des régions, à qui elle transfère également la responsabilité des lycées professionnels et l’orientation scolaire. Tout cela tourne le dos à l’école de la République, de la maternelle à l’université. C’est dans ce contexte que quinze universitaires, membres du jury de l’agrégation d’histoire, viennent de démissionner pour dénoncer la nomination d’un inspecteur général de l’Éducation nationale à la tête de ce jury, en lieu et place d’un professeur d’université. Ils traduisent: «C’est l’agrégation qui est visée.» FO, dans les lycées et collèges (SNLC) et dans le supérieur (SNPRESS), les soutient, considérant comme eux qu’il s’agit de briser le lien entre l’université et la formation des enseignants, les attaques contre les concours et les examens apparaissant comme une attaque contre les disciplines.

En particulier, le baccalauréat devient un verrou à faire sauter. Déjà, en langues vivantes, le contrôle en cours d’année remet en cause l’anonymat des épreuves ainsi que leur caractère national, les élèves étant interrogés par des enseignants du lycée. Pour Jacques Paris (SNLC),«la remise en cause du caractère national de l’examen est liée à la question des programmes, donc des connaissances. Sous la pression du patronat et de Bruxelles, toute la politique du ministère vise à leur substituer des “compétences”. Au bout, résume-t-il, c’est la disparition des qualifications et un marché du travail plus flexible».

FO oppose à ces projets la défense des programmes, des diplômes nationaux et des enseignants sous statut. Dans l’immédiat, la FNEC refuse le transfert du premier degré de l’État aux communes, via le décret du 24 janvier et le PEDT (Projet éducatif de territoire). D’ailleurs, les premiers échos venant de Paris ou de la province ressemblent surtout à des appels au secours.

Dans les Alpes-Maritimes, où trois communes les appliquent, ces PEDT sont des plus instructifs. Au Broc, le maire suggère aux instits une «ligne pédagogique à suivre», confondant scolaire et périscolaire; à Mouans-Sartout, l’édile propose «un relevé d’actions validé par le comité de pilotage»; à Valbonne, la mairie veut «une sorte de cahier journal consultable par les parents», et que ces derniers évaluent les enseignants.

En Indre-et-Loire, à Amboise, ce sont les parents d’élèves de l’école Ambroise-Paré qui s’inquiètent de la longueur des journées pour des enfants qui entrent à l’école à 8h30 et finissent à 16h15, au point de constater que les enfants perdent la notion du temps. Mêmes problèmes d’horaires à Tarascon, dans l’Ariège, en maternelle cette fois, où les matinées sont très longues : trois heures trente, et les après-midi aussi. Après la sieste, les enfants restent dans les classes, où ils sont trente. Avec le mercredi en plus, de 9h à 12h, la fatigue est palpable. À Angers, des animateurs démissionnent. Les trajets entre l’école et les activités périscolaires sont de l’ordre de quarante-cinq minutes et les élèves déjeunent à 13h30, voire plus tard encore.

Aubervilliers: 98% d’instits en grève

Ce n’est pas mieux en Île-de-France. Dans l’Essonne, où le 12 février dernier, à l’appel des syndicats, 82% des enseignants étaient en grève, dix communes n’en ont pas moins choisi d’appliquer la réforme à la rentrée.

À Évry il n’y a toujours pas de listes d’inscription aux activités périscolaires et ce sont les enfants qui, chaque matin, disent s’ils participent ou non à ces activités..., quand ils s’en souviennent.

Le jour de la rentrée, dans une école de Ris-Orangis, il y avait un animateur pour cent élèves; dans une autre école, le tennis, une des activités périscolaires, se fait sans raquettes ni balles. La situation fait tellement peur que là où la réforme Peillon ne s’applique pas, on anticipe.

Ainsi, dans le Val-de-Marne, les enseignants de Villejuif se mobilisent déjà pour dire: «Les rythmes scolaires, pas plus en 2014 qu’en 2013». Il faut dire que la capitale est toute proche. Contre les enseignants et les parents d’élèves, Bertrand Delanoë l’a mise en place et la réalité dépasse tous les pronostics; un sentiment monte: il faut que le désordre cesse au plus vite et un rassemblement aura lieu à l’Hôtel de Ville, les 15 et 16 octobre, à l’occasion d’un Conseil de Paris.

À Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, c’était le 3 octobre que les instits étaient en grève à l’appel de l’intersyndicale: 98% de grévistes sur la commune et vingt-deux écoles totalement fermées. Enseignants, parents et personnels communaux, eux-mêmes en grève le 26 septembre, se sont rassemblés devant la mairie pour dire: «Ce n’est pas tenable!», et demander la «suspension immédiate» de l’application de la réforme des rythmes.

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