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La POSTE et le Développement durable

Publiée le 04/01/2012

La Poste a une nouvelle fois augmenté ses tarifs au 1er juillet 2011.
Le tarif courrier de base passe de 58 à 60 centimes, soit 2 centimes d’euros ou 3,4 % d’augmentation d’un coup.
C’est la sixième augmentation depuis la loi de dérégulation des activités postales en 2005.

Ainsi, comme l’a démontré l’AFOC, l’ouverture à la concurrence des activités courrier, qui a commencé en 1999 et qui est totale depuis le 1er janvier 2011, a eu pour effet une augmentation des tarifs. On est loin de la diminution tant vantée par les chantres de la libéralisation des services publics.

Les usagers ont constaté que c’était le même résultat pour les autres services publics libéralisés et mis en concurrence, notamment le gaz et l’électricité, dont les tarifs ont, eux aussi, considérablement augmenté.

On a pu constater une grande modération des tarifs du timbre avant le début de l’ouverture du courrier à la concurrence en 1999 et les augmentations continues depuis cette ouverture.

Pour minimiser cette nouvelle augmentation, La Poste a créé, le 1er octobre 2011, une nouvelle catégorie de courrier, la lettre verte ou lettre écologique, qui coûte 57 centimes, avec un objectif de qualité de service de J+2 (distribution 2 jours après l’envoi) au lieu du J+1 pour la lettre au tarif standard.

L’argument de La Poste est qu’elle n’utilisera plus l’avion pour cette lettre, elle émettra donc moins de CO2 pour son acheminement. Il existait déjà un tarif économique, l’écopli, distribuable en J+3 ou J+4, et qui coûte 55 centimes.
L’AFOC s’inquiète de la multiplication des offres commerciales pour le courrier et de l’augmentation continue du tarif de base.

Les bonnes intentions écologiques de La Poste demandent une analyse plus fine.
Qu’en est-il de la politique de développement durable de La Poste ?
Pour en savoir plus, l’AFOC a posé des questions à La Poste dans un courrier adressé au Délégué général du groupe de La Poste au développement durable, afin de connaître les gains prévus par La Poste sur les principaux poste de consommation d’énergie : le transport et les bâtiments.
La Poste a répondu par le silence, mis à part une communication téléphonique répondant partiellement sur le transport postal.

Constatons que la volonté de développement durable de La Poste ne se traduit pas par une volonté de communication sur le sujet.
1) Le transport
Certes, l’abandon de l’avion pour le transport de la lettre verte est louable mais à condition que les usagers utilisent en majorité cette nouvelle catégorie de lettre, sachant que la part de l’avion dans le transport du courrier national est très faible.
De plus, pour cette lettre verte, La Poste utilisera les camions, tandis que jusqu’aux années 1980, elle utilisait surtout le train pour l’acheminement ; les centres de tri s’appelaient des bureaux gares et étaient situés dans les gares.
Depuis, La Poste a entrepris de lourds investissements pour refondre ses centres de tri et les a implantés… près des aéroports ou des routes.
Si un jour La Poste souhaitait reprendre le train, il faudrait de nouveau réimplanter les centres de tri près des gares, ce qui engendrerait des coûts très importants.
Par l’abandon du train, La Poste est allée à contrecourant de l’histoire et du développement durable. En effet, une étude de l’Institut de l’énergie et de l’environnement de Heidelberg, réalisée en 2010, montre que les émissions de CO2 par transport combiné rail-route sont inférieures de plus de 50 % dans le tiers des cas par rapport au transport routier.
La Poste s’est fixé des objectifs de réduction de 20 % d’émission de CO2 d’ici 2015 mais en partant de 2008, à une date où La Poste avait déjà opté pour la route et l’abandon du train. Aujourd’hui, La Poste se dit incapable de comparer ses émissions de CO2 avec l’année 1980, à une époque où le train était largement utilisé.
La Poste fait aussi beaucoup de publicité sur l’utilisation de véhicules électriques, mais dans les faits, la part de ces véhicules dans le parc reste négligeable et sans comparaison avec l’impact de l’abandon du train. Ainsi, l’exemple venant d’en haut, les dirigeants de La Poste ont choisi en 2009 des BMW série 5, en tant que voitures de fonction… et non des véhicules électriques.
2) Les bâtiments
Avec 17 000 points de contact, dont 6 200 en partenariat (commerçants et agences communales), auxquels s’ajoutent les centres de tri et les services de direction, les bâtiments sont le deuxième poste de consommation énergétique et la deuxième source d’économie de CO2 potentielle.

La plaquette "L’essentiel du développement durable 2009" constate une augmentation de 0,5 % d’émission de CO2 entre 2008 et 2009 et mentionne la suppression prévue de 1 million de m2 d’ici 2013, ainsi que l’objectif BBC (bâtiment basse consommation) pour tous les nouveaux bâtiments construits. Cependant, aucun chiffre n’est fourni sur la part que prendraient les bâtiments dans l’objectif général de réduction du CO2 de 20 % d’ici 2015.
Dans ce document, le rôle écologique des partenaires de La Poste (plus du tiers des points de contact) est gardé dans le flou et le chiffre des sites postaux concernés par l’écologie (16 000) est curieusement inférieur au nombre de points de contact (17 000). Il semble donc que les points de contact en partenariat, qui ont remplacé des bureaux de poste, ne sont plus comptés par La Poste dans le périmètre étudié. Tant pis si les agences communales et les commerçants à l’enseigne de La Poste consomment du CO2, pourvu qu’ils soient hors périmètre.
La Poste affiche, certes, des objectifs ambitieux de réduction d’émission de CO2 (moins 20 % entre 2008 et 2015), et semble animée d’une grande volonté écologique, mais elle prend comme référence l’année 2008, grosse consommatrice de CO2 et est incapable de se baser sur une époque plus vertueuse où elle utilisait le train.

Son silence sur les questions posées par l’AFOC est contraire à sa volonté affichée de dialogue.
Enfin, en 2011, le consommateur subira une augmentation certaine du prix du timbre (+3,4 %) mais les effets de la lettre verte sur le CO2 devraient rester très limités.

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