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Le taux de pauvreté et les inégalités de niveau de vie augmentent de façon alarmante

Publiée le 28/11/2011

Aujourd’hui, la grande précarité n’épargne ni les jeunes, ni les étudiants, ni les retraités, ni les salariés qui ont un emploi et encore moins ceux qui sont exclus du marché du travail.
8,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire près d’un Français sur sept.

En 2009, le taux de pauvreté en France s’établissait à 13,5% de la population, en hausse de 0,5 point par rapport en 2008, ce qui a signifié que 400.000 personnes de plus sont tombées dans la trappe à pauvreté.

Ces chiffres accablants ne peuvent que frapper les consciences. Ils sont extraits d’une étude de l’INSEE publiée à la fin du mois d’août dernier et portent sur 2009, année qui a ressenti les premiers effets de la crise de 2008.

Il est malheureusement fort à craindre que, sous les effets conjugués de la politique libérale, des contraintes des directives européennes, du chômage persistant, de la précarité des emplois, de la multiplication du travail à temps partiel, du durcissement des conditions d’accès aux minima sociaux et à la retraite à taux plein, la situation actuelle soit encore plus dégradée et qu’en deux ans, le sort des plus démunis se soit encore aggravé. Le pire pourrait être à venir.

Le seuil de pauvreté est une mesure statistique qui selon la définition en vigueur en Europe, correspond à un niveau de vie inférieur à 60% du revenu médian*. Il correspond, en 2009, à 954 euros mensuels. 8,2 millions de personnes vivent en dessous de ce seuil, dont la moitié avec moins de 773 euros par mois.

A titre de comparaison en 2011, le montant du revenu de solidarité active socle (RSA), pour une personne, s’élève en 2011 à 466,99 euros par mois. Pour un retraité, le montant maximum de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) au 1er avril 2011, soumis à condition de ressources, est de 742,27 euros par mois pour une personne seule.

La situation s’est fortement détériorée pour 40% des personnes les plus modestes. Alors qu’entre 2005 et 2008, elles avaient vu leur niveau de vie progresser de 2% par an, la tendance s’est inversée entre 2008 et 2009.

En 2009 en effet, le niveau de vie des 10% des personnes les plus modestes s’avère inférieur à 867,5 euros par mois, en baisse de 1,1% par rapport à 2008.

Rappelons que dès 2005, le rapport du Comité national des retraités et personnes âgées (CNRPA) intitulé «L’érosion du pouvoir d’achat des retraités», réalisé sous l’impulsion des représentants Force Ouvrière de la Commission ressources des retraités (Benoît Jayez, animateur de la Commission ; Hélène Ho Minh Triet, assistante confédérale) mettait l’accent sur l’évolution du risque de pauvreté parmi les personnes âgées. (télécharger l'extrait)

Les inégalités se creusent : l’INSEE dresse le constat que les écarts entre les niveaux de vie se creusent. Le niveau de vie plancher des 10% des personnes les plus nanties est 3,4 fois plus élevé que le niveau de vie plafond des 10% de personnes les plus modestes.

Les prestations sociales ont joué un rôle crucial d'amortisseur : la part des prestations sociales dans les revenus des 10% des personnes les plus pauvres a augmenté, passant de 36,3% en 2008 à 39,3% en 2009. Des mesures ponctuelles ont permis d’atténuer les effets de la crise sur les ménages modestes. Ces dispositions ont concouru à atténuer les effets de la crise sur les ménages modestes et à limiter l’augmentation du taux de pauvreté entre 2008 et 2009.

Un retraité sur 10 est pauvre : la retraite n’est pas un paravent contre la pauvreté. En 2009, avant la réforme durcissant les conditions de liquidation de la retraite à taux plein, 9,9% des retraités vivent dans la pauvreté, soit 1.308.000 personnes, c’est-à-dire un retraité sur dix.

La pauvreté touche les salariés, sévit parmi les chômeurs et n'épargne pas les jeunes.

Le travail ne met plus à l’abri de l’exclusion sociale. Il y a malheureusement 10,1% des actifs âgés d’au moins dix-huit ans, pauvres, soit 2.800.000 personnes.

Dans la catégorie des salariés, le taux de pauvreté est de 6,3%, soit près de 1,4 millions de personnes. Parmi les chômeurs, même si le taux de pauvreté des ceux-ci a diminué de 1,1 point par rapport à 2008, on dénombre 34,7% de chômeurs vivant en dessous du seuil de pauvreté, c'est-à-dire 930.000 personnes. Chez les jeunes, un étudiant sur cinq a un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, soit 351.000 étudiants.

Derrière ces statistiques, il y a une réalité sociale : la dureté de la vie de ces millions d’hommes et femmes qui n’ont pas de revenus suffisants, qui vivent dans des conditions qui ne leur permettent pas de se loger, de se soigner, de se chauffer, de se déplacer, de se nourrir... de façon correcte, qui sont contraints de faire des arbitrages budgétaires sur des dépenses de première nécessité.

Il y a lieu de s’interroger sur l’impact des politiques de réduction des dépenses publiques, des budgets et services sociaux et de remises en cause des systèmes de protection sociale collective que le gouvernement a engagées et qui menacent la cohésion sociale.

L’histoire sociale a hélas montré qu’à toutes les époques et dans toutes les sociétés, les inégalités sociales, la pauvreté, peuvent être sources d’actions violentes de désespoir. Dans un pays aussi riche qu’est la France, les poches de pauvreté sont non seulement indécentes et inacceptables, mais sont surtout une atteinte aux valeurs républicaines.

*En 2009, le revenu annuel médian s’élève à 19.080 euros, soit 1.590 euros par mois.
Sources: INSEE Première, n°1365, août 2011

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