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Stress au travail : la négociation reste en plan !

3,5 millions de jours de travail perdus

Publiée le 15/05/2011

L’immolation par le feu d’un salarié de France Télécom le 26 avril dernier montre bien que la question de la souffrance au travail reste d’une triste actualité.

En décembre 2009, après plusieurs suicides chez l’opérateur de télécommunication et chez Renault, le gouvernement avait lancé un plan d’urgence sur les risques psychosociaux. Mais l’obligation d’ouvrir des négociations s’adressait seulement aux 1300 entreprises de plus de 1000 salariés.

Et un an plus tard, moins de la moitié d’entre elles s’étaient attelées à la tâche : en octobre 2010, 234 accords et 250 plans d’action avaient mis en œuvre. Un bilan tellement décevant que le ministre du travail, Xavier Bertrand, a annulé la conférence de presse qui devait suivre sa présentation devant le Conseil d’orientation sur les conditions de travail fin avril.

Dans 80% des cas, il s’agit d’accords de méthode ayant pour objectif d’établir un diagnostic des risques et de planifier à long terme les modalités de concertation. Pourtant, « le temps n’est plus au diagnostic, rappelle FO Cadres dans un communiqué. Il est désormais indispensable que les entreprises recherchent des solutions ».

« La plupart du temps, les entreprises ont créé des groupes ad hoc complètement déconnectés des CHSCT, qui auraient pourtant dû se trouver au cœur des dispositifs, déplore JM Bilquez, Secrétaire confédéral FO chargé de la protection sociale. Ils intègrent rarement des représentants du personnel ou ces derniers sont noyés au milieu d’une kyrielle d’experts ».

Même insuffisance sur la mise en place d’indicateurs chargés d’évaluer le stress. « Comme aucun didacticiel n’a été fourni, certains ont fait du bricolage, d’autres ont des indicateurs qui ne veulent rien dire ou font plus de mal que de bien. »

En général, les accords privilégient l’assistance individuelle et le suivi personnalisé avec, par exemple, la mise en place d’un numéro vert. « Rares sont les conseils d’administration à s’impliquer alors qu’il en va de leur de leur responsabilité, ajoute JM Bilquez. Les patrons ne supportent pas que l’on touche à l’organisation du travail, mais quand il y a des conséquences graves en terme de santé, nous sommes bien obligés de nous y intéresser.»

Xavier Bertrand, conscient des limites d’un plan ne s’adressant qu’aux grosses entreprises, a demandé aux employeurs de se saisir du sujet dans le cadre des commissions mixtes paritaires, donc des conventions collectives. « Nous ne pouvons qu’approuver, nous réclamons depuis 2008 des négociations à l’échelle de la branche, c’est le seul moyen de couvrir tous les salariés, même dans les petites entreprises », se félicite le Secrétaire confédéral.

Et du seul point de vue financier, négocier est dans l’intérêt des employeurs. « L’usure psychique et le désengagement des salariés engendrés par le stress et les mauvaises conditions de travail sont très coûteux, sans doute plus qu’une réelle politique de lutte contre les risques psychosociaux, poursuit FO Cadres.

Le coût direct du stress est évalué de 1,2 à 2 milliards d’euros par an, soit 3 à 3,5 millions de journées de travail perdues et de 14,4% à 24% des dépenses de la branche accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécu. »

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