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Pouvoir d’achat : en parler ne suffit pas à régler le problème

Une prime ne fait pas le salaire

Publiée le 03/05/2011

L’annonce par le Président de la République et le gouvernement de la mise en place d’une prime est une manière de reconnaitre qu’il y a un problème de pouvoir d’achat.

Du coup, tout le monde en parle et il vaut mieux parler de cela que des questions d’immigration, qui peuvent vite conduire à des commentaires nauséeux.

Mais en parler ne suffit pas à régler le problème, surtout dans le cas présent.

La prime en question pose plus de difficultés qu’elle n’en résout. Prime obligatoire ? Elle le serait, dans des conditions à négocier, dans les entreprises de plus de 50 salariés où il existe des dividendes versés aux actionnaires qui augmenteraient d’une année sur l’autre !

Or toutes les entreprises ne versent pas de dividendes, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne se portent pas bien pour autant.

Ainsi seules 16,4% des entreprises de moins de 250 salariés versent des dividendes, le taux étant de 30,6% pour les entreprises qui comptent entre 250 et 5000 salariés, 41% pour les plus de 5000.

Pour les entreprises de moins de 50 salariés la prime serait facultative.

Cette prime serait dégagée, à hauteur de mille euros, des cotisations sociales patronales (hors CSG et CRDS), c'est-à-dire une nouvelle niche, un nouveau manque à gagner pour les régimes sociaux.

Par ailleurs cette prime ne concernerait pas le service public, où la ceinture est encore serrée d’un cran.

Au final, une prime « obligatoire » qui risque de laisser de côté la très grande majorité des salariés. Ce qui nous a fait dire qu’elle s’apparenterait aux maisons à 15 euros par jour de Mme Boutin : beaucoup de bruit pour peu de ménages concernés.

Si « l’on gratte » un peu plus loin, le mécanisme même de la prime est quelque peu pervers. En effet pour espérer l’avoir, encore faut il que les actionnaires perçoivent plus que l’année précédente !

Et l’on peut faire confiance à l’imagination des employeurs pour échapper à la prime, par exemple en rachetant des actions plutôt qu’en augmentant les dividendes.

Tout cela a finalement l’odeur du pouvoir d’achat sans pour autant en avoir le contenu.

Comme l’a rappelé la Commission exécutive, c’est l’augmentation générale des salaires, dans le privé comme dans le public, qui doit être la réponse, ainsi que l’instauration d’une prime de transport pour les salariés obligés d’aller travailler avec leur véhicule.

Nous ne demandons pas au gouvernement de fixer les salaires dans le privé, mais s’il veut réellement favoriser le pouvoir d’achat et la consommation, il y a au moins quatre outils qu’il peut utiliser :

L’augmentation du SMIC au-delà du minimum légal

La convocation obligatoire des négociations de branches après toute augmentation du SMIC

L’augmentation du point d’indice dans la fonction publique

Une vraie réforme fiscale, redistributive

Tout le reste n’est finalement que de l’habillage dans le cadre d’une politique économique et sociale qui, sur les plans national et européen, demeure ancrée dans l’austérité.

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