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L'indépendance syndicale n'est pas un slogan de vitrine !

JC Mailly affirme : "On ne transige pas avec la liberté et l'indépendance"

Publiée le 21/03/2011

La presse s’est fait l’écho d’une militante FO candidate aux élections cantonales sur la liste Front National.

La fédération FO dont elle relève, la Fédération de la Défense, a immédiatement réagi, à juste titre, en la démettant de ses mandats.
L’intéressée détenait un mandat fédéral, avec un détachement à temps plein.

C’est une application concrète de l’indépendance syndicale. Je rappelle par exemple, s’agissant des instances confédérales (Bureau confédéral et Commission exécutive), qu’il y a interdiction de faire acte de candidature à une fonction politique ou d’appartenir aux organismes directeurs d’un parti politique.

Chacun est libre, en dehors du syndicat, d’adhérer où il veut, de croire ou de ne pas croire, mais il ne doit y avoir aucune confusion des rôles.

Il faut aussi faire la distinction entre l’adhérent, sans mandat, qui se présente à une élection et qui ne doit en aucun cas faire référence à son appartenance syndicale, et celui ou celle qui détient un mandat et qui doit alors renoncer, au moins temporairement, à son mandat.

L’indépendance syndicale, que nous avons rappelée récemment au congrès, n’est pas uniquement un slogan de vitrine, c’est une pratique qui conditionne la liberté de comportement du syndicat.

Pour le reste, comme j’ai eu l’occasion de le rappeler publiquement, force est de constater qu’entre les thèses défendues par le Front National et nos principes il y a des contradictions.

C’est le cas quand il prône des structures de branches professionnelles, associant employeurs et salariés, ce qui s’appelle le corporatisme, qui avait par exemple été instauré dans les années 1940 avec la charte du travail. C’est toute la différence entre collaboration et négociation, cette dernière impliquant la confrontation et le rapport de force.

C’est encore le cas quand, pour nous, le syndicat a pour rôle de défendre tous les travailleurs quels qu’ils soient, sans discrimination aucune, tant sur le plan national qu’international, avec notre attachement à l’internationalisme ouvrier.

Le fait que ce parti avait essayé, dans les années 1990, de créer ses propres syndicats et qu’il vient d’annoncer la création d’un «cercle national de défense des travailleurs syndiqués», un ersatz de syndicat, est également révélateur.

Nous nous sommes battus dans notre histoire pour défendre la liberté, l’indépendance, les valeurs démocratiques et républicaines, la confrontation des intérêts divergents entre classes sociales : il n’y a aucune raison que cela change, comme l’a réaffirmé notre récent congrès.

Par ailleurs, il appartient aux responsables politiques et aux gouvernants, en France comme ailleurs, de s’interroger. La soumission au capitalisme libéral, l’absence de changement de modèle à l’occasion de la crise, le développement des inégalités ont toujours conduit à une forme de rejet qui peut prendre plusieurs aspects dont le retour aux concepts de race, corps, terre et nation. Quand le peuple ne peut plus et que les gouvernants ne veulent pas, il y a obligatoirement des «bugs».

Nous ne somme pas coupables des dérives ou démissions des politiques et il est plus qu’essentiel que nous maintenions à la fois nos conceptions et pratiques syndicales, ainsi que nos revendications.

On ne transige pas avec la liberté et l'indépendance.

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